Microsoft : générique de fin, fin du générique
Je pensais avoir fait le tour du propriétaire. Mais Microsoft tient toujours la route. Sa division Périphériques et divertissement est désormais rentable. Les traditionnelles vaches à lait Windows et Office commencent à montrer des signes de faiblesse, mais ont encore rapporté en 2007 plus de 20 milliards de dollars de bénéfice à la firme de Redmond.
Ubuntu et OpenOffice montrent les dents et pensent être sur les rangs pour remplacer Windows et Office. Pourtant, rien n'est moins sûr. En effet, pour expliquer le succès de la vague OpenSource, deux explications sont possibles :
1. l'OpenSource a su innover davantage que Microsoft ces dernières années (disons depuis la sortie de Windows XP, en octobre 2001) ;
2. Microsoft n'a plus suffisamment innové au cours de ces dernières années et s'est donc fait rattraper par les logiciels libres.
Je dois bien admettre que j'ai longtemps cru à la première explication. Je n'en suis plus si sûr aujourd'hui. La notion de logiciel libre est un peu trompeur. En effet, l'accès au code source n'a d'intérêt que pour une poignée de développeurs. La liberté de l'utilisateur est donc très relative. L'avantage immédiat est plutôt la gratuité. Cette gratuité, associée à l'idée de logiciels ersatz des logiciels commerciaux, me fait davantage penser aux médicaments génériques.
Si donc les logiciels génériques ont pu se développer si rapidement ces dernières années, c'est, à mon avis, parce que Microsoft avait atteint une asymptote au niveau de son modèle d'innovation, un peu ce qu'Apple aurait connu s'il n'y a pas eu l'iPod. Faute d'innovation tangible en terme d'ergonomie pour l'utilisateur final, les logiciels génériques prennent l'avantage en raison de leur gratuité et malgré leur ergonomie souvent approximative.
La logique du logiciel générique est de servir le plus petit dénominateur commun ou les besoins de ses développeurs (cf. Emacs et la vision informatique de son inventeur, Richard M. Stallmann).
La logique du logiciel commercial est de servir les besoins de ses clients, même si ces clients appartiennent à une niche. Le meilleur exemple est Adobe, dont la technologie OpenType n'intéresse au quotidien que les graphistes (au plus 2 à 3 millions de personnes dans le monde ?).
Les développements futurs de l'interface graphique visant à sortir de la logique fenêtre - clavier - souris diront qui du modèle générique ou du modèle commercial est capable d'innover.
Décadi, 20 Thermidor, An CCXVI, Ecluse

Les commentaires récents