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Archives velvetyne I et autres pages particulières

Musique

lundi 14 juillet 2008

Peret et le pot olé !

Peret

D'après une pochette d'album de Peret

Peret est le candidat (pas si) malheureux, représentant l'Espagne en 1974.
À l'époque, il avait chanté « Canta y se feliz » [1], devenu depuis un classique de la chanson espagnole. Il y avait de l'enthousiasme, de la jeunesse, de la joie. On avait sous-estimé le génie du bonhomme. Plus de trente ans plus tard, Peret revient avec un album qui fera date.

Le bonhomme est épais, il est né en 1935, ce n'est déjà pas un débutant quand il participe à l'Eurovision, il renonce à la musique en 1982 et finalement revient en 2007 avec l'album Que Levante El Dodo (2007). La revue de cet album sur le site de la BBC est tout simplement remarquable [2].

La chanson « Tú y las nubes » (toi et les nuages) dit tout du personnage, force du furia ibere tout à fait caractéristique d'une Espagne en pleine mutation, quand au tournant des années 70-80, elle est devenue une destination touristique de premier plan. Peret est à la chanson espagnole ce qu'Almodóvar est au cinéma espagnol, une référence moderne avec sans doute un ancrage un peu plus fort dans la tradition du côté de Peret, mais c'est aussi une affaire de génération — quinze ans séparent en effet les deux hommes...

[1] — la prestation de Peret à l'Eurovision
http://www.kewego.fr/video/iLyROoaftfWz.html
[2] — l’article sur le site de la BBC
http://www.bbc.co.uk/music/release/6xjw/


Autres liens
http://www.youtube.com/watch?v=cPpcDSk6uDQ
http://www.elmundo.es/elmundo/2005/03/17/cultura/1111079741.html
http://www.reporterodigital.com/bilbao/cultura/object.php?o=571006
http://es.wikipedia.org/wiki/Peret

mercredi 09 juillet 2008

Le boxon de Higgs

Source : http://www.iration.com/joehiggs/joehiggsgenius.gif

Joe Higgs est l’un des deux maîtres de Bob Marley - l’autre étant U-Roy.

Joe Higgs est aussi le maître de Jimmy Cliff.

Joe Higgs est le maillon manquant entre le reggae roots et populaire de Bob Marley et le reggae commercial de Jimmy Cliff.

En 1975, Joe Higgs sort Life of Contradiction, son premier album, réédité avec un bonheur critique et artistique mérité aujourd’hui.

1975. C’est l’année de sortie de la chanson et de l’album Marcus Garvey de Burning Spear, produisant alors un reggae très « premier degré » (il a beaucoup évolué depuis, cf. son dernier album en date, Our Music).

La chanson emblématique de Bob Marley - Kaya - a été enregistré pour la première fois 5 ans auparavant, mais devra connaître un succès planétaire 3 ans après.

Le reggae est en pleine phase de contradiction. C’est une musique de révolte qui se veut fédératrice. Elle scande sur des airs chaloupés la concrete jungle quotidienne de Jamaïque et d’ailleurs, y compris au sein de « Babylone », si décriée.

Higgs, ironique et visionnaire, nous prédit des vies décadencées dans un monde qui fonctionne mal, mais qui fonctionne tout de même.

Comment déserter le désert de nos illusions ? En nous inventant une oasis de joyeuse résignation en compagnie d’un Schoppenhauer ressuscité dans les Caraïbes.

mardi 01 juillet 2008

Boule de fiper, 8

Source : http://www.flickr.com/photos/cirox/355017411/

PAUL NERO | THIS IS SOUL
auteur : PAUL NERO
album : COMPIL BLUE BREAK BEATS VOLUME 4
[BLUE NOT | 1970]

OSHEN | BARATINEUR
auteur : OSHEN (EN DUO AVEC ANAIS)
album : JE NE SUIS PAS DE CELLE
[V2 | 2007]

GOTAN PROJECT | LA VIGUELA
auteur : COHEN SOLAL/C.H.MULLET/E.MAKAROFF
album : SINGLE
[UNIVERSA | 2006]

JAMAIT | LE MONUMENT AUX OISEAUX
auteur : F.BERANGER ///SELECTION FIP///
album : TOUS CES MOTS TERRIBLES
[MESO | 2008]

ONY ALLEN | ISE NLA
auteur : TONY ALLEN
album : LAGOS NO SHAKING
[EMI | 2006]

GENERAL ELECTRICS | FACING THAT VOID
auteur : GENERAL ELECTRICS
album : CLIQUETY KLIQK
[LABELBLE | 2003]

MR UNTEL | LES VACANCES DE MONSIEUR HULOT
auteur : A.ROMANS
album : LES REMIXES DE MR UNTEL
[NAIVE | 2002]

BOMBES 2 BAL | JE FAIS LA SIESTE
auteur : BOMBES 2 BAL
album : BAL INDIGENE
[TOT OU T | 2007]

GUSTAV MAHLER | CHANT DE LA TERRE
interprêté par GILLES RAGON
album : DAS LIED VON DER ERDE
[SELENA | 2002]

PEPESITO REYES | BEGIN THE BEGUINE
auteur :   C PORTER
album : PEPESITO REYES
[VIRGIN | 2001]

mercredi 07 mai 2008

Boule de fiper, 7

Source : http://www.tpactivite.com/images/jeux_interieur/flipper.jpg

MANU DIBANGO | WAKAFRICA
auteur : MANU DIBANGO
album : WAKAFRICA
[WMD | 1994]

NNEKA | RUNNING AWAY
album : NO LONGER AT EASE [EPIC/ JI | 2008]

THE SOUL JAZZ ORCHESTRA | THE BLIND LEADING THE BI
auteur : J.MURIGANDE
album : FREEDOM NO GO DIE
[FUNKMANC | 2007]

M | BELLEVILLE RENDEZ VOUS
auteur : BEN CHAREST
album : BO/LES TRIPLETTES DE BELLEVILLE
[DELABEL | 2003]

TUNNG | BULLETS
auteur : TUNNG
[PIAS | 2007]

ALAIN BASHUNG | LE SECRET DES BANQUISES
auteur : ALAIN BASHUNG
album : BLEU PETROLE
[BARCLAY | 2008]

OMARA PORTUONDO | MUEVE LA CINTURA MULATO
auteur : A. ALENARES
album : FLOR DO AMOR
[WORLD CI | 2004]

JACK COSTANZO | LATIN FEVER
auteur : JACK COSTANZO
album : CARNIVAL
[BLUE NOT | 1970]

PASCAL PARISOT | QUE JE SACHE
auteur : FARES/PARISOT
album : WONDERFUL
[EPIC | 2003]

dimanche 04 mai 2008

Herbert von Karajan : du bling-bling au klang-klang

« Le nom d’un fou s’écrit partout. » – Karajan
Source : http://www.flickr.com/photos/49527900@N00/100752475/in/set-1790463/

C’était déjà le cas à la mort de Pavarotti. Au-delà de l’immense figure populaire, les mauvais plaisants ultra-mélomanes avaient murmuré bruyamment que l’on avait plus perdu un amuseur qu’un chanteur de grand talent. Un ogre endetté, de n’avoir pas rendu à l’art lyrique ce qu’il avait tant reçu du public.
À la faveur du centenaire de la naissance de Karajan, on a beau jeu d’insister sur son sens de la mise en scène, ses Mercedes, son jet privé, son yacht. Dénoncer autrui comme étant « bling bling » devient le nouvel anathème à la mode. Comme par contraste (largement exagéré), les non-bling-bling seraient parés des plumes d’un paon bien austère.
Pourtant Karajan n’est pas arrivé là où il est arrivé par hasard, et j’ai personnellement toujours admiré les passeurs comme Karajan, Pavarotti ou Miles Davis pour le jazz qui ont su faire de leur starification un formidable passage, une extraordinaire occasion de faire découvrir leur art à des non-initiés. Il est tellement facile d’être puriste, de ne faire aucune concession. Derrière l’apparence exigence absolue, il y a l’intolérance, l’autisme. Derrière la radicalité, il y a l’exclusion.
Alors, réécoutons Karajan, il sera toujours temps de faire de la musicologie ensuite.

mardi 29 avril 2008

In memoriam — Kaya (1978)

Source : http://www.dance-lyrics.com/ama/kaya_b00005mka1.jpg

Je connais Bob Marley depuis 30 ans et la sortie le 23 mars 1978 de Kaya. C’était avant ma naissance ; c’est tout dire. J’ai abordé Bob Marley par la face Sud, ensoleillée, désembrumée en apparence de la vapeur ganja contestataire des débuts. J’ai vu dans la pochette grise face Nesta souriante et colorée, le manifeste de la musique de chanvre positive, harmonieuse.
Avec Survival (1979), Kaya est sans doute l’album le plus réussi de Bob Marley. C’est celui présentant la plus grande unité. Sa (fausse) légèreté en fait un classique indépassable, quoi qu’en pensent les extrémistes de la musique roots. On trouve sur cet album la meilleure chanson de Bob Marley, véritable apogée de son génie — à savoir « Crisis ». Les premières paroles, en particulier, sont magnifiques :
They say the sun, shines for all,
But in some people world, it never shine at all.
They say love is a stream that will find its course ;
Some people think life is a dream
So they making matters worse.

On trouve aussi la version finalisée de « Kaya ». Ce n’est pas rien tout de même...

jeudi 14 février 2008

Le lion est mort ce matin-là

Source : Gala

Le vespéral félin
nous laisse sans
espoir. Il était
couleur et désinvolture
et rire là
où nous sommes
désormais grisaille
et résignation
et pleurs.

Après Michel Serrault,
notre dernier
clown disparaît.
Déjà Saint-Michel
Imprimatur a
donné de l’oraison
funeste pour
rendre *dommage*
au seul qui savait
lui résister.
Les échansons
de la chanson
française
sont
orphelins de cette ivresse de joie.
Et je pleure un métis — et quel métis — de moins.
Une pierre précieuse
posée sur mon
cœur — toujours vivante.


© Frank ADEBIAYE, février 2008

samedi 05 janvier 2008

Boule de fiper, 6

Source : http://89.img.v4.skyrock.com/89b/poetic-girl/pics/561974450.jpg

ISMAEL LO | MANKO
auteur : I. LO
album : SENEGAL
[AZ/UNIVE | 2006]

NILS LANDGREN | FREAK U
auteur : MAGNUM COLTRANE PRICE
album : LICENCE TO FUNK
[ACT MUSI | 2007]

THE NOSTALGIA 77 OCTET | JOURNEY HOME
auteur : B.LAMDIN //SELECTION//
album : WEAPONS OF JAZZ DESTRUCTION
[TRU THOU | 2007]

MARK RONSON | VALERIE
auteur : SEAN PAYNE (AMY WINEHOUSE AU CHANT)
album : VERSION
[SONY/BMG | 2007]

AMY WINEHOUSE | HE CAN ONLY HOLD HER
auteur : A. WINEHOUSE/R.POINDEXTER
album : BACK TO BLACK
[ISLAND R | 2007]

CERRONE | GIVE ME LOVE
auteur : CERRONE/WISNIAK
album : DISCO
[SONY | 1977]

MIKA | LOVE TODAY
auteur : MIKA
album : "
[UNIVERSA | 2007]

EMILY LOIZEAU | L AUTRE BOUT DU MONDE
auteur : EMILY LOIZEAU
album : L AUTRE BOUT DU MONDE
[FARGO | 2006]

dimanche 09 décembre 2007

Une autre musique métissée

Mon père n'aime pas Boulez et toutes ses fadaises. J'imagine qu'il n'est pas non plus de ceux qui pleurent à chaudes larmes la mort de K. Stockhausen.
Il ne voit de grande musique allemande que dans le classique : Bach, Mozart, Beethoven.

Pour ma part, je vois pourtant dans la musique allemande contemporaine (i.e. post-wagnérienne), une grande source de joie. Je cherchais le pont entre Wagner et Kraftwerk. Je crois que je l’ai trouvé avec Stockhausen.

Il y a dans la musique de S., ce que je découvre seulement à la mort de ce dernier en même temps que sa musique — le métissage, impensable pour moi jusqu’alors, entre musique classique et jazz.

Comme si le monde s’était effondré depuis (ce qui est le cas depuis 1945), la musique de S. est sans voix, il ne reste que l’écho lointain de l’instrument humain : l’architecture du sens. Comme un Opéra en grève, l’œuvre de S. est dépouillée, minimale et pourtant grandiose.

Cela peut faire penser aussi au bouleversement radical de l’ “Imprudence” de Bashung. L’introduction du noir total nous surprend alors qu’elle nous semble naturelle au fur et à mesure qu’opère le charme de la musique.

samedi 27 octobre 2007

Hubert-Félix Thiéfaine et Al Green face à la malédiction d’Orphée

Orphée charmant la nature
Source : http://orfeo.grenoble.free.fr/

Thiéfaine : « Ne te retourne pas » dans « Femme de loth », Alambic Sortie-Sud, 1986
Al Green : Don’t look back, 1997

Un même mythe peut avoir des résonnances très différentes selon le ton employé. Ainsi du mythe d’Orphée selon qu’il soit chanté par Hubert-Félix Thiéfaine ou Al Green.
Chez Thiéfaine, il ne faut pas se retourner car cela ne fait qu’empirer les choses. Chez Al Green, il ne faut pas se retourner pour mieux aller de l’avant, voire de l’Avent, tant le ton bonipaternaliste d’Al Green peut, à maints égards, faire penser à une prêche.