août 2008

dim. lun. mar. mer. jeu. ven. sam.
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
31            
Blog powered by TypePad

Archives velvetyne I et autres pages particulières

Les Cris Dominicaux

dimanche 29 juin 2008

Les Cris Dominicaux

- Je suis né dans le gris (typographique) par Akzidenz
- Pour prolonger ce que chante Laurent Voulzy, on peut dire que lorsque l'on naît dans le gris par accident, il y a maldonne, surtout quand on a la musique dans la peau.

- Pour paraphraser François Cheng, je dirais que pour se connecter à Internet, l'Ethernet n'est pas de trop, dans la mesure où :
a. c'est une technologie fiable et éprouvée (pensez, depuis 1971)
b. ça marche très bien avec Linux
c. personne ne peut vous voler votre connexion
d. il n'y a pas d'ondes nocives pour la santé, le seul risque est de trébucher sur un fil
e. le courant porteur en ligne (CPL) lui redonne une seconde jeunesse.

- Il n'y a jamais eu d'aussi bons disques que ces temps-ci où la crise fait pourtant rage. Vivement que le livre numérique advienne, que l'édition en France se dépoussière. Je pense notamment aux axes suivants :
a. on a trop encouragé les romans au détriment des formes courtes, notamment la poésie et le théâtre. Les nouvelles sont dans une sorte d'entre-eux.
b. je suis désolé d'insister sur ce point, mais la qualité typographique des livres proposés par les éditeurs français est à de très rares exceptions (les éditions Cent Pages, les éditions Allia) très inférieure à celle proposée par les éditions anglo-saxons et allemands.
c. l'édition de littérature générale est trop centrée, trop renfermée sur elle-même ; je ne ferai pas l'injure aux nombreux anonymes en quête d'éditeur que l'édition est trop élitiste, car je ne suis pas persuadé que l'on édite systématiquement les meilleurs, ni que l'on édite une littérature qui reflète pleinement la France d'aujourd'hui.

dimanche 08 juin 2008

L'avaleur de sable

Le guerrier criait de plus en fort sur le champ de bataille, pour que personne d’autre que lui, pauvre homme, ne puisse entendre le murmure assourdissant de son désir existentiel de paix.

dimanche 04 mai 2008

Les Cris Dominicaux (15 Floréal, an CCXVI) — spécial typographie

Source : http://farm2.static.flickr.com/1177/1490551519_e7b66b37da.jpg

¶ Un entrebâillement expert

La PAO est né d’une ouverture. Celle des ateliers de plomb à la lumière vive d’un soleil permanent. Désormais, la typographie sort de la clandestinité, et se fonderait non sur la ductilité du métal mais sur la souplesse des courbes de Bézier.
Le langage-maître, le Postscript, serait ouvert et documenté.
Aujourd’hui, où en sommes-nous ? Le Postscript est détroné sur ses trois piliers :
1.  en tant que langage de description de page par le PDF, lui-même appelé à fusionner avec le XML (cf. le projet Mars d’Adobe) ;
2. en tant que format de police de caractère par l’OpenType, puissant secondé par l’Unicode ;
3. en tant que conteneur de formes par le SVG.

Le troisième pilier n’est pas le moindre. Le SVG est de facto le format ouvert des formes vectorielles. Ce format ouvert est le format natif d’Inkscape, qui est, à mon sens, le meilleur logiciel de dessin vectoriel. Je ne vois pas l’intérêt d’utiliser encore Illustrator alors qu’Inkscape  permet de faire la même chose. The Gimp pour les images bitmap et Scribus pour la mise en page peuvent, dans la plupart des cas, remplacer avantageusement Photoshop et XPress / InDesign.
L’argent ainsi économisé en dépenses logicielles inutiles devrait permettre de rémunérer les vrais acteurs de la chaîne graphique, à savoir les créateurs de caractères. L’énergie économisée à pirater des logiciels devrait servir à créer à son tour.
J’ai bien conscience de grand ouvrir une porte qui n’est pour l’instant qu’entr’ouverte. Mais, indépendamment de ce que peut penser Adobe de telles pratiques, n’est-ce pas in fine ce que nous voulons ?

¶ De la forme pleine à la forme ligne – du plomb à la lumière | Électrotypographie, an I ?

Ce qui m’a frappé dans les commentaires récents liés à la sortie de la police Hermès Scripte d’Éric de Berranger, c’est celui de Christophe Badani qui faisait remarquer à juste titre qu’une telle prouesse (adapter une fine écriture manuscrite avec force ligatures) n’aurait pas été possible à l’époque de la typographie au plomb.
Personnellement, je me suis mis à dessiner des caractères. J’ai enfin franchi le pas, dirons-nous, à l’invitation de typographes comme Jean-François Porchez et Christophe Badani.
Et une des premières choses que j’ai constatées, c’est précisément que la courbe de Bézier donne clairement le choix entre la forme pleine et la forme ligne. La liberté de l’outil est totale, à deux niveaux, au moins :
1.    liberté de forme
2.    liberté dans le nombre de glyphes.
À cet égard, la création d’Éric de Béranger n’est que le prémisse de beaucoup d’autres polices ligne à venir, un peu comme Akzident Grotesk (1896) a annoncé le fonctionnalisme typographique qui régit encore la typographie aujourd’hui.

¶ Palatino, ou la police accidentelle

On ne le dit pas assez, peut-être à dessein, mais Hermann Zapf a commencé sa longue et brillante carrière typographique en dessinant une police gothique (Gilgenart, 1938-1939, disponible encore en plomb chez Stempel). L’interdiction des polices gothiques par Hitler en 1942 a mis un coup d’arrêt à la carrière commerciale de cette police prometteuse.
La police suivante est sans doute la plus grande réussite d’Hermann Zapf et fait d’Hermann Zapf avec Claude Garamond le plus grand typographe de l’histoire de l’humanité. Comme Claude Garamond, il y a fort à parier que ce soit, pour une grande part, malgré lui.
Comme Garamond avec le Romain du Roy, Zapf a concentré tout son savoir-faire dans Palatino. Mais là où Garamond est un caractère brillant, ouvert, optimiste, conquérant, Palatino est un caractère fondamentalement nostalgique, nostalgique à la fois de la Renaissance dont il prétend s’inspirer mais surtout nostalgique de la limes infranchissable que représente l’heure zéro. Soyons clair, je ne pense pas que Zapf aurait dessiné Palatino si l’Allemagne avait gagné la guerre. Sans faire de procès d’intention à Zapf, je pense néanmoins que Palatino est fortement impégné de remords, ses lignes brisées en attestent, il y a dans l’harmonie générale du caractère, la séduction passive du vestige, c’est ce qui rend ce caractère si occidental, si grec quand le soleil couchant vient dorer les ruines de l’Acropole. On pense à ce frère perdu qui reviendrait soudain comme de l’apothéose, alors qu’on le croyait mort à jamais. Avant ? On ne le regardait même pas.

Herbert von Karajan : du bling-bling au klang-klang

« Le nom d’un fou s’écrit partout. » – Karajan
Source : http://www.flickr.com/photos/49527900@N00/100752475/in/set-1790463/

C’était déjà le cas à la mort de Pavarotti. Au-delà de l’immense figure populaire, les mauvais plaisants ultra-mélomanes avaient murmuré bruyamment que l’on avait plus perdu un amuseur qu’un chanteur de grand talent. Un ogre endetté, de n’avoir pas rendu à l’art lyrique ce qu’il avait tant reçu du public.
À la faveur du centenaire de la naissance de Karajan, on a beau jeu d’insister sur son sens de la mise en scène, ses Mercedes, son jet privé, son yacht. Dénoncer autrui comme étant « bling bling » devient le nouvel anathème à la mode. Comme par contraste (largement exagéré), les non-bling-bling seraient parés des plumes d’un paon bien austère.
Pourtant Karajan n’est pas arrivé là où il est arrivé par hasard, et j’ai personnellement toujours admiré les passeurs comme Karajan, Pavarotti ou Miles Davis pour le jazz qui ont su faire de leur starification un formidable passage, une extraordinaire occasion de faire découvrir leur art à des non-initiés. Il est tellement facile d’être puriste, de ne faire aucune concession. Derrière l’apparence exigence absolue, il y a l’intolérance, l’autisme. Derrière la radicalité, il y a l’exclusion.
Alors, réécoutons Karajan, il sera toujours temps de faire de la musicologie ensuite.

dimanche 10 février 2008

Le décepteur et le contestataire

Thlaspi, Primidi, 21 Pluviôse, An CCXVI

Le petit Nicolas fait de plus en plus de mécontents au sein des classes moyennes, des petits commerçants, des artisans et des entrepreneurs – sans compter les propriétaires, qui voient planer au-dessus de leurs têtes une menace pour leurs loyers.
Le recours à Jacques Attali n'a pas fait que des heureux, à commencer par les chauffeurs de taxis. Le rapport Attali occile entre pléonasme (proclamation de la réduction de la fracture numérique) et assertions dangereuses (notamment à propos des « services à la personne », encensés par Attali comme un axe majeur de croissance, pour ses contempteurs décriés – dont je suis – comme une forme moderne d'esclavage, ni plus ni moins [1]).
A Neuilly sur seine, le destin de la France post-chiraquienne se jouait, sans que nous en rendions compte. L'ancien maire est devenu président de la République et son célèbre facteur – O. Besancenot – est devenu son opposant le plus crédible. Pour information, dans le palmarès du Figaro d'il y a 2 semaines, Sarkozy à 55 % d'impopularité (ce qui ne lui laisse qu'au maximum 45 % de popularité) alors que la cote de popularité de Besancenot est désormais à 39 % ! Quand on pense aux bases électorales respectives de chacun des protagonistes, cela laisse songeur, à tout le moins.
Que penser de la présidence du petit Napo pour l'instant ? Un sous-Berlusconi. Il s'occupe de ses propres affaires (divorce, augmentation de salaire, remariage, vacances en yacht) mais laisse le pays sans espoir en leurant la presse démocratique par des simulacres de vérité, des artefacts de communication.
La sanction ne va pas se faire attendre... aux municipales, y compris à Neuilly sur Seine, où Martinon, le parachuté de Sarkozy est en proie aux plus grandes difficultés.

A tout prendre, il faut sans doute préférer l'austérité de Fillon, qui, quand Sarkozy mène son errance médiatique tambour battant, murmure avec lucidité « les caisses sont vides »...

[1] : je vous invite bien vivement à lire L'insurrection qui vient qui décrit très bien l'esclavage à l'oeuvre dans les services à la personne
http://www.lafabrique.fr/article_livres.php3?id_article=215

dimanche 09 décembre 2007

Albums fondateurs

Eddy Mitchell : Tout Eddy
Laurent Voulzy : Belle Île en Mer (1977-1988)
Bob Marley : Kaya
Alain Bashung : Fantaisie Militaire
Gérard Manset : La Vallée de la Paix (Paradis)
Christopher Cross : Another Page

+++

Week-end en ville

Le week-end à la campagne est un cliché facile. Le week-end en ville beaucoup moins. Que faire en ville ? Sinon dépendre, dépenser, dispenser l’argent rare à de secourables ingrats, les marchands de rêves dérisoires, les seuls que nous ayons, ceux qui existent en-dehors de nos têtes vides.

La dernière mutation impossible

L’écriture est l’art du signe, la typographie celui de l’empreinte. La littérature sublime et l’un et l’autre en pensant faire jaillir du sens, de la mémoire. La littérature veut diviniser, ou embellir si l’on veut, l’Histoire qui se joue devant nous Droite, Horrible.

Dans une cathédrale en ruine, l’écrivain pense encore à l’avenir. L’homme typographie rassemble des bribes pour ceux qui sont là ; peu importe qu’ils soient nos enfants, nos aïeux ; ils appartiennent irrémédiablement à l’immanent, voire à l’imminent. Il y a une urgence dans ce surgissement.

L’artiste y voit l’occasion de manifester son ego. Il fait erreur. Nous ne sommes que des fétus de paille, faisant vent au Souffle Divin. Nos cœurs brisés sont le réceptacle éphémère de l’Amour Eternel que nous méritons si peu.

Le Vatican inalbâtre

Quand je dis que j’ai “fait” Stan, personne ne me croit. Je n’ai pas la tête de l’emploi. Pour cela, il vaut bien mieux avoir la tête de Carole Bouquet dans “Trop belle pour toi”. Mais c’est Dieu, précisément, qui est trop Beau pour ces esthétiques-là.

Quand j’entends Bashung chanter le Cantique des cantiques avec Chloé Mons, je vois aussi un kabylo-alsacien s’approprier un des piliers du christianisme. Comme quoi, cela est possible. Aux yeux du pape allemand, de toute façon, nous sommes tous égaux par notre iniquité devant Dieu toujours Miséricordieux.

Lui Seul peut nous recueillir dans notre Diversité. Lui Seul connaît l’insondable Dissemblance pour la Fondre dans l’Unicité de la Matrice du Ciel.

Je repense alors à ce slogan : “Jesus was Black”.

Le Saint Empire Romain Germanique longtemps voisin a fait indûment passer le Christ pour le Siegfried des Enfers. Quelle entame dans le Respect de Dieu, quelle approximation barbare ! On a inversé les rôles. Que le peuple élu reprenne ses droits !

L’homme du Dieu passé et futur vit dans son Ethiopie intérieur. Ses cheveux sont noirs ; il a un brin de genêt à la main.

Ecrit l’Octidi, 18 Frimaire, An 216 — Lierre en écoutant “le Cantique des Cantiques” chanté par Alain Bashung et Chloé Mons en 2004

Octidi, 18 Frimaire, An 216 — Lierre

§ Il faut s’évader. Dans la maison du sage, personne ne reste. Nul ne veut de l’albâtre monde de lin de Pascal. Nous cherchons tous le péril. Nous ne contentons de l’attendre dans l’entraînement de l’Amour de Dieu.

§ Il faut quelque lutte, quelque désir insensé, quelque fol envol vers n’importe où.
Le poids de la Vérité est insoutenable.

§ nous ne sommes que des dieux maudits. Nous Pensions Être Des Hommes. Nous ne tenons même plus notre capitale. La guillotine nous guette et la dysharmonie des corps nous rappelle sans cesse notre malédiction.

Douze jours avant l’énième apocalypse en forme de conviviale apothéose. Saturne aura encore gagné. Nous aurons passé le temps à obtenir son succédané moderne : l’Argent.

dimanche 21 octobre 2007

Les Cris Dominicaux, II

<p>Les cris dominicaux, II </p>

Les cris dominicaux, II

Frank Adebiaye

Orge, 29 Vendémiaire an ccxvi

I  Si c'est green vous avez le droit

Je me réjouis sincèrement qu'Al Gore ait eu le Nobel de la Paix pour son engagement remarquable dans le développement durable comme en atteste son film Une vérite qui dérange, qui m'a d'ailleurs fortement impressionné.

Nonobstant, je suis tombé récemment sur un article de ZDNet parlant d'une étude vantant les mérites du télétravail dans la lutte contre le réchauffement, eu égard au fait qu'il réduit considérablement le recours aux transports. C'est bien possible aux États-Unis, où le recours à la voiture pour se rendre au bureau est beaucoup plus systématique qu'en France, où train, métro, rer – tous électriques – sont monnaie courante. Mais puisque l'on parle d'environnement, celui des individus qui ne pourrait plus séparer clairement vie professionnelle et vie privée serait fortement détérioré...

II  Sélection d'articles du Monde Diplomatique

  1. Max Havelaar ou les ambiguïtés du commerce équitable

    http://www.monde-diplomatique.fr/2007/09/JACQUIAU/15101

  2. L'antisémitisme de Jimmy Carter

    http://www.monde-diplomatique.fr/2007/09/AGUIRRE/15081

  3. À propos de Doris Lessing

    http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2007-10-11-Doris-Lessing-Prix-Nobel

III  Le nouveau Charlemagne

À quoi pourrait ressembler Charlemagne aujourd'hui ?

Plaçons-nous après 1945. L'Allemagne a en réalité gagné la guerre. Politiquement, elle n'est rien. Mais économiquement, elle est tout. A quelques mois près, elle inventait la bombe atomique et tenir tête durablement à l'Angleterre, les États-Unis et l'URSS réunies !

C'est pourquoi le Charlemagne d'aujourd'hui est un Charlemagne inversé. C'est un Charlemagne venant d'Allemagne qui régit la France.

Depuis l'exil de Descartes dans les Pays-Bas voisins, depuis Robespierre, la France est rationnelle mais pas raisonnable. Alors on fait du zèle.

Devant les diktats anglo-saxons que l'on ne comprend pas tout à fait (nous sommes avant tout latins ? mais pas du tout romains !), nous en faisons trop, beaucoup trop, nous nous entraînons nous-mêmes dans un cercle vicieux où se mèlent angoisse métaphysique et peur rationnalisée.

Il y a aujourd'hui deux Charlemagne : un Charlemagne français (mi-Eichmann, mi-Robespierre) hanté par la défaite de la drôle de guerre qu'il n'a pas vu venir et sombrant depuis dans une ambition totalisante et cybernétique délirante. Il a parfois des bouffées délirantes de Heil On-ne-sait-plus-trop-qui-il-a-fini-par-se-suicider-semble-t-il...Le second Charlemagne, le Charlemagne allemand (mi-Bismarck, mi-Guizot) est détendu sûr de lui, fiable, ponctuel et régulier. Il a appris à s'arrêter depuis la dernière guerre qu'il n'a finalement pas vraiment perdu comme nous le disions plus haut.


Ce document a été traduit de LATEX par HEVEA

dimanche 07 octobre 2007

Les Cris Dominicaux

<p>Les cris dominicaux, I </p>

Les cris dominicaux, I

Frank Adebiaye

Âne, 15 Vendémiaire an ccxvi

I  Je suis compositeur

LATEX est sans doute le logiciel le plus fantastique qu'il m'ait été donné de découvrir au cours de mes pérégrinations informatiques. C'est un véritable système typographique à lui tout seul. Le tant vanté InDesign n'est qu'un dérivé hyper-graphique de LATEX.

Mais il y a plus important. Avec LATEX, je découvre enfin qui je suis typographiquement : pas un passif électrotypophile, pas un génial typographe, un humble mais acharné compositeur. Un compositeur, c'est celui qui assemble les caractères afin qu'il puisse former des textes. C'est l'intermédiaire entre l'auteur, l'imprimeur et le typographe.

D'électrotypophile, il serait fort vaniteux de me propulser directement au rang d'écrivain. Mais celui de compositeur me convient bien. C'est, au fond, ce que j'ai toujours fait. Composer, assembler, unifier des éléments disparates.

LATEX est d'une grande aide à la composition typographique et vous permettra si vous êtes auteur, de pleinement vous concentrer sur votre texte sans vous soucier de la mise en page. De plus, son format de fichier, Open Source et pérenne, est sûr.

II  L'ostalgie à la française

Je dis assez régulièrement que je viens de l'Est de la France (et aussi d'un certain berceau du vaudou de l'Afrique de l'Ouest) pour ne pas manquer l'occasion de vous parler d'un morceau de choix de la condition des gens de l'Est. Je m'appuierai pour cela sur l'œuvre de Bashung et de Thiéfaine.

  1. Bashung a beau avoir des origines kabyles par son père, il n'en a pas moins été élevé en Alsace. C'est à cette Alsace de l'enfance qu'il rend "hommage" dans son album Roulette russe (1979) avec la chanson "Elsass blues". Il ne loupe aucun cliché : les cigognes, la frontière allemande, la figure écrasante de Bismarck, les Blockhaus, Kraftwerk. Il dit aussi être de nulle part, allusion évidente au grand écart entre ses origines kabyles jamais élucidées et son enfance alsatienne arrosée au Sylvaner. Même la condition du Gitan lui paraît plus enviable dans la mesure où "leur mélo sonne mieux dans la voix".
  2. Hubert-Félix Thiéfaine aborde la chose de façon plus légère et générale avec "La fin du St-Empire romain germanique" (Tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s'émouvoir, 1978). Thiéfaine décrit une société en déliquescence depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, au moment où l'on "revendait les miradors". Les exigences du baby-boom, les normes de nutrition Nestlé et Mendès-France, tout part en quenouille. Les femmes "cartonnent à la MLF".

Bref, un bouleversement radical d'un monde crépusculaire en mutation.

III  Abd-al-Malik est lui aussi un référent.

Jean-Louis Murat nous dirigeait vers PJ Harvey et vers Calexico dans Mustango (1999). Ceux qui – comme moi – ont suivi ses recommandations ont bien fait. Dans son extraordinaire chanson "12 septembre 2001", Abd-al-Malik nous parle de Blueprint de Jay-Z (prononcer "jayzy"). Eh bien, cet album est tout simplement magnifique ! Un beau passage de témoin. A suivre...

IV  Selon Walter Benjamin, cela ne devrait plus arriver.

Walter Benjamin a théorisé l'avènement de l'art contemporain à partir de la photographie en parlant d'art reproductible à l'infini 1.

Ce qui s'est passé cette nuit avec le tableau Le pont d'Argenteuil de Monet 2 doit nous rappeler qu'il n'en a pas toujours été ainsi, et que l'art est au moins autant un patrimoine qu'une pierre vivante de la création.

 


1
Walter Benjamin, L'oeuvre d'art à l'ère de sa reproductibilité technique ; voir aussi http://www.appep.net/artreprod.pdf
2
Le Figaro nous apprend que le tableau a été déchiré par des jeunes un peu éméchés pendant la Nuit Blanche à Paris

Ce document a été traduit de LATEX par HEVEA