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Archives velvetyne I et autres pages particulières

Ö | K.O. - NOMIE

dimanche 13 juillet 2008

Hommage à un grand possédé du percepteur

Tva

Maurice Cozian était un grand fiscaliste. Il nous a quittés le 29 mai dernier. Sa disparition n'a pas été assez souligné. Cela fait partie de la mission et l'identité d'un blog comme velvetyne de contribuer à ce travail d'information et de culture populaire.
Populaire, le mot n'est pas trop fort tant la fiscalité est un sujet qui passionne les foules. C'est le sujet français par excellence.
L'esprit français dans son génie et son intime torture peut se résumer à la fiscalité française, l'un des plus complexes et des plus sophistiquées au monde.

Je ne peux m'empêcher de penser au sketch de Raymond Devos, « le possédé du percepteur », tant ce morceau de bravoure caractérise si bien nos enjeux quotidiens. Tout le monde s'intéresse aux impôts, les uns pour taxer les autres, trop riches, pour ne pas vouloir s'en exonérer tout ou partie.

Le film Signes extérieurs de richesse (1983) avec Claude Brasseur, Jean-Pierre Marielle et Josiane Balasko est également emblématique de cette obsession si caractéristique.

Pour caractériser au mieux ce moment, je vous propose en illustration une ligature triple consacrée à la TVA. Bien sûr, vous pouvez en user librement selon les principes de la licence Creative Commons BY-SA.

Download tva.svg

Liens externes consacrés à la disparition de Maurice Cozian

http://www.boursorama.com/forum/message.phtml?file=374370866&pageForum=1
http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Cozian

dimanche 29 juin 2008

Les trois bibles

Source : http://www.perecampion.com/

J’ai toujours été fasciné par le papier Bible. Cela est sans doute dû à mes sept années passées à Stanislas ;)

Les manifestations typographiques associées au papier Bible sont rarement anodines. Utiliser le papier Bible, c’est vouloir faire date, vouloir devenir une référence.

Lire la suite "Les trois bibles" »

samedi 01 mars 2008

Les taxis, les restaurants, les livres et le reste...

Femmetaximetre_2

Source : http://www.taxi-library.org/femmes-cocher/fca0938.jpg

« Allez bon train; je suis attendu » - René Bazin, Blé, 1907

En plein débat sur le pouvoir d’achat, il serait indécent de ne pas s’attarder sur quelques-uns des agréments de la vie dans les grandes villes — singulièrement à Paris, Londres ou New York, à savoir les taxis, les restaurants, les livres. Ce sont toutes trois des prestations de qualité, qui font de la vie non pas une contrainte, mais un agrément.

1. Les taxis : ils sont la vitrine de la ville, l’interface avec l’urbanité abordée. Ils sont la fonction première de la condition urbaine moderne, alternative privative aux transports en commun, parfois si inconfortables, ou si peu commodes. On dit les taxis français râleurs. Est-ce un crime ? Ou mieux, est-ce encore vrai ? Le métier a beaucoup évolué ; comme tous les métiers anthracites, les chauffeurs de taximètres sont d’origine étrangère, et donc assez éloignés du cliché du berêt et du journal.

2. Les restaurants sont une perspective de socialisation gastronomique tout à fait acceptables pour qui travaille dur pendant la semaine. Faut-il en plus de son métier, exercer systématiquement celui de cuisinier à domicile ?

3. Les livres sont un service et non un produit. Beaucoup de textes sont disponibles en version électronique. Le fait de les conditionner dans l’objet typographique inégalé qu’est le livre est un service que l’on rend au lecteur. Il peut transporter le livre partout avec lui et le lire le texte qu’il contient avec un confort incomparable.

Le reste, qu’est-ce ? Je m’inspirerai d’un livre que je suis en train de lire L’art de la simplicité qui distingue dans les dépenses celles ordinaires qui doivent viser la santé et la simplicité des luxes exceptionnels et véritables qu’ils font savoir s’octroyer.

N.B. : le titre de ce post fait allusion à la chanson d’Hubert-Félix Thiéfaine, « La dèche, le twist et le reste » (1977)

jeudi 31 janvier 2008

Micromegas, II : jeu virtuel vs incendie d’un établissement

Je dois l’admettre, l’informatique m’a longtemps passionné. Elle m’a beaucoup appris sur les possibilités de l’esprit humain. Toutefois, le monde virtuel étant un miroir déformant voire le miroir sans tain de la réalité, je ne suis pas sûr d’en avoir appris aussi rapidement à en maîtriser les effets.
Le monde informatisé est un monde miniaturisé dans ses principes d’utilisation mais gigantesque dans son principe d’application. J’ai commencé à m’en rendre compte au moment de mes premiers pas dans la PAO à partir de 1996 et plus sûrement à partir de 1999. À l’époque, je triturais la première version d’InDesign pour mettre en page la gazette des internes de mon lycée. Pour moi, l’affaire était simple, entendue, comme un jeu d’astuces et de combinaisons techniques. Pour le rédacteur en chef, la portée était beaucoup plus grande ; avec le recul, je crois que cela avait à avoir avec la politique – en l’occurence, la portée expressive et représentative d’un groupe. La chose était publique, immense, conséquente.
Plus tard, les factures des imprimeurs auxquels je fournissais dans le cadre de projets associatifs mes fantaisies typo-graphiques devaient encore m’alerter davantage sur le poids du vrai monde.

Les lecteurs de journaux à l’esprit le plus romanesque sont déçus. On nous annonce un séïsme à la Société Générale : y a-t-il incendie ou demande de rançon ? Même pas, une fraude virtuelle aux conséquences bien réelles grandement facilitée par la micro-informatique. Allez pourtant dans n’importe quelle agence de la banque rouge et noir, vous les verrez intactes. C’est un fait, « ils ne mouraient pas tous mais tous étaients frappés » (J. de La Fontaine, « Les animaux malades de la peste » in Fables). Le spectacle même du scandale nous paraît un peu volé, un peu factice. Il n’y a pas assez de bruit pour une telle déflagration. On nous parle de défaillance de contrôle interne, la fraude passe de plus en plus au second plan – comme si les papiers éternels de la bureaucratie parvenaient tout de même à étouffer le feu...

Note : le premier Micromégas était consacré à la fin du music-hall...

mercredi 30 janvier 2008

La foudre tombe toujours préférentiellement sur les arrogants et les misérables...

Le scandale qui s’abat sur la Société Générale me fait assez penser à la chute d’Andersen. Les deux firmes ont une certaine arrogance en commun. La conscience de leur élitisme, leur auto-satisfaction permanent ont longtemps agacé sans qu’on puisse rien y faire. Mais un beau jour, ces artabans faillissent sur ce qui les a rendu grands, sur leur principale source de revenu : le mandat Enron pour le bureau de Houston et les dérivés actions pour la Société Générale.

Il ne se trouvera personne pour défendre Daniel Bouton — à part peut-être Christine Lagarde. M. Bouton, un non-banquier, est de la trempe des Jean-Yves Haberer — ENA, inspection des finances. Depuis Haberer, cependant, nous sommes passés du franc à l’euro.

Je pense à ma conseillère de clientèle SocGen qui me dit presque les larmes aux yeux qu’après tout, 800 millions de résultat, ce n’est pas si mal. Je me dis que si tout le monde avait l’ambition aussi à la Générale, nous n’en serions peut-être pas là...

vendredi 25 janvier 2008

Le casino, la Société Générale et moi

J’ai envie comme aujourd’hui de m’appeler Martiniquais et d’être ce joueur de loto invétéré qu’on moque si facilement au journal télévisé.
J’ai envie d’acheter pour cinq milliards d’euros d’exemplaires du “Rouge et le Noir” de Stendhal pour illustrer les déboires fiduciaires de la Générale.
Moi, j’aime la chanson de Thiéfaine “Mathématiques souterraines” (1981) qui dénonce la vacuité de la société de contrôle, ridicule dans son formalisme et dans sa bureaucratique et incommensurable par ses anomalies, quand de plus en plus, elle craque de toute part.
“Oh mais laisse allumé bébé
Y a personne au contrôle
Et les dieux du radar sont tous out
Et toussent et se touchent et se poussent
Et se foutent et se broutent
Oh mais laisse allumé bébé
Y a personne au contrôle
Et les dieux du radar sont tous out
Et toussent et se touchent et se poussent
Et se foutent et se mouchent
Dans la soute à cartouches”

vendredi 11 janvier 2008

Le supplice du tantale

Source : http://www.rpg-z.com/articles/vpgrecque/Tantale.jpg

On a souvent une image déformée du progrès ou du leadership. Ainsi on pense les Etats-Unis, première puissance économique mondiale, comme un pays moderne. On aurait tort. L’administration américaine est beaucoup moins moderne que la nôtre. La paperesse y est encore reine.

Il en est de même pour les objets technologiques face à l’écologique. Le dernier cri n’est pas forcément la panacée en matière d’écologie.
Pour moi, cette prise de conscience est partie d’un article de Télérama dans lequel je me suis rendu compte que les écrans plats ou les téléphones portables suscitent par leur énorme succès commercial de fortes tensions sur les matières premières, notamment sur le tantale, d’où le titre de ce post, jeu de mots (un de plus), faisant allusion à un célèbre épisode mythologique.

Qu’est-ce que le tantale ? Un tour rapide sur Wikipédia nous permet de collecter les informations clés suivantes :
« Le tantale est un élément chimique du tableau périodique, de symbole Ta et de numéro atomique 73.
Le tantale est gris-bleu, lourd, ductile, très dur, très résistant à la corrosion des acides, et est de plus un bon conducteur de chaleur et d'électricité.
La plus grande utilisation du tantale, sous forme de poudre métallique, est faite dans la fabrication des composants électroniques, et principalement des condensateurs. On trouve des condensateurs au tantale dans les téléphones portables, les téléavertisseurs, les ordinateurs personnels et les prothèses chirurgicales. »

Inutile de préciser que le tantale est une ressource rare et que le besoin croissant avec la miniaturisation extrême des objets technologiques fait penser une menace d’autant plus grande sur son exploitation.

Document : les enjeux du tantale dans la filière NTIC
http://www.mineralinfo.org/Substance/Tantale/Ta.pdf

samedi 13 octobre 2007

Pathologie de la rationnalité / Quand la Raison a tort / Ô Raison Funèbre

<p>Pathologie de la rationnalité / Quand la Raison a tort / Ô Raison Funèbre </p>

Pathologie de la rationnalité / Quand la Raison a tort / Ô Raison Funèbre

Frank Adebiaye

Chanvre, Primidi 21 Vendémiaire an ccxvi

I  La littérature, l'amour et le monde face aux matrices illimitées de l'esprit humain voulant indéfiniment défier et singer l'omniscience de Dieu.

Cette semaine, deux Nobel scientifiques masculins et un Nobel littéraire féminin. Cela n'a rien à voir, vous n'imaginez pas à quel point...

Il y a encore plus redoutable que la pensée Powerpoint. Il y a la pensée flowchart.

Des acteurs, une chronologie implacable et définitive, des boîtes standardisées, toujours les mêmes, une langue univoque, des liens à sens unique, des flèches à angle droit.

Un filet, le maillage inextricable de la compréhension omni-cartésienne, hyper-rationnelle des choses. Le cerveau, un rôti, une crépinette, paupiette, papillotte.

Tout est process dans la matrice de ce monde qui essaye tant de ressembler à la réalité.

stop.

Le même temps pour tout le monde. Le soleil, universel. Un cœur qui bat. Les mêmes envies, toujours,

les mêmes besoins.

Du laissez-aller.

On ne peut pas tout faire, tout dire, tout connaître, tout comprendre.

Du j'm'en-foutisme, de la désinvolture.

Nous respirons enfin.

Fin de la matrice apnée.

Nous cultivons notre goût, notre culture. Nous aimons nous divertir, ne plus penser à la Raison, à la Mort, toutes deux inéluctables, définitives, vengeresses, justicières, orgueilleuses, voulant remplacer Dieu.

Mais Dieu veille sur notre salut. Nous avons faim, nous avons soif, nous avons chaud, nous avons froid, nous avons sommeil.

Nous pleurons et Elle nous console.

Nous sourions. Désir enfantin.

Instinct de vie – nous sommes sauvés par le triomphe de l'amour reçu et donné sur l'orgueil démiurgique.

 


Ce document a été traduit de LATEX par HEVEA

samedi 06 octobre 2007

Piratages comparés du texte et de la musique

Le papier tout court vaut infiniment plus que le papier à musique. Il est stupéfiant en effet de constater l’écart considérable du siège des maisons de disques par les pirates et corsaires en tous genres et par le confortable fauteuil des maisons d’édition.

Un codec, le MP3, et tout bascule. Le produit fini est disponible partout, gratuitement. Vive les baladeurs MP3, moins précieux que leurs contenus. Pourtant ce sont les premiers que l’on achète principalement.

On pirate depuis toujours les polices de caractères, les logiciels de mise en page. Il en est même des gratuits tout à fait valables. Le Bauer Bodoni de la Pléïade est disponible partout. Pour plus d’informations, cf. le PDF de la lettre de la Pléïade. Son Garamond n’est pas si original que cela. Un Garamont Amsterdam de Berthold lui ressemble fortement.

Pourtant on n’a pas vu fleurir des livres pirates, tout au plus une traduction sauvage d’Harry Potter. Pas de quoi fouetter un prote.

Les éditeurs livresques semblent protégés par le modèle industriel colossal des imprimeurs qu’il est encore difficile de contrefaire. Les livres sont, pour ainsi dire, une monnaie typographique. Sinon, pourquoi tout le monde ne publie pas lui-même les Fables de la Fontaine, dont le texte est librement disponible, au lieu de l’acheter en poche. Le coût. Il serait beaucoup plus coûteux de fabriquer un livre soi-même que de l’acheter, sans même parler de la qualité de l’impression et de la reliure.

Les conséquences typographiques sont terribles. Dans le monde de l’édition et de l’imprimerie, ce sont les polices qui sont piratées, ce sont les MP3 de l’écrit. Sans même parler des reprises sauvages que les typographes font les uns des autres. Les polices d’édition sont fongibles et interchangeables. In fine, ce sera toujours un Times, un Garamond, un Baskerville ou un Palatino.

Ce sont de toute façon les systèmes de composition qui parlent. Les systèmes généralistes comme Xpress ou InDesign acceptent toutes les polices. Mais sont-ils vraiment les plus usités dans l’édition ? Je n’en suis pas sûr. Ils sont trop lourds et pas assez systématiques. Je pense plutôt à des équivalents plus ou moins proches de LaTeX.

Quel serait l’équivalent des DRM pour les polices de caractères ? Les polices de caractères originales pour lesquelles il faut rémunérer un typographe ou plutôt un type designer encore vivant.

Adobe casse le marché en distribuant assez largement des Minion, des Garamond Premier Pro, des Arno Pro, des Utopia.

Enfin le piratage musical et typographique devient assez largement une affaire de politique commerciale. Que voulons-nous promouvoir ? Quel est le rôle d’Internet dans cette démarche ? Quelle est la valeur réelle de ces produits immatériels ? Après tout, il était assez facile de placer des disques, il est encore très simple de placer des livres, il était systématique de placer des systèmes de composition (c’est l’ancien métier de Linotype). Mais placer des produits immatériels, à mon sens, on ne sait pas encore faire. Car de telles créations ainsi débarrassées de leur enveloppe matérielle, ne sont ni des produits ni des services.

C’est pourtant je pense pour conclure qu’il s’agit de choisir entre deux possibilités : le patronat ou le mécénat.

Utiliser un typographe pour une identité corporate (on l’emploie vivant au service de la propagande d’une firme) ou on le sponsorise en payant ses créations, dont l’utilité peut-être grande ou limitée.

Aller voir un musicien sur scène ou acheter ses disques ?

Les deux possibilités ne sont pas exclusives l’une de l’autre, mais songez que pour un écrivain le livre est son live comme son album studio...

samedi 22 septembre 2007

Mayence au rabais

 On dit que les polices de caractères sont chères. Ça dépend d'où vous les achetez. Certaines fonderies pratiquent des prix scandaleux tandis que d'autres proposent des fontes similaires à des prix bien plus honnêtes. À vous de voir.

Gotham Rounded : 179 $ chez Hoefler & Frere Jones | www.typography.com
Bryant 2 : 99 $ chez ProcessType Foundry | www.processtypefoundry.com

Editor : 150 CHF (soit 90 €) par graisse chez Optimo | www.optimo.ch
Kettler : 69 $ la famille complète chez ProcessType Foundry | www.processtypefoundry.com

Sabon Next : 1200 € chez Linotype | www.linotype.com
LeMonde Livre Classic : 167 € † chez PorchezTypofonderie | www.typofonderie.com

Palatino Nova : 1000 € chez Linotype | www.linotype.com
Classica : 208 € chez Fontshop | www.fontshop.com

Prestige : 104 € chez Fontshop | www.fontshop.com
Jupiter Pro : 30 $ chez CanadaType | http://www.canadatype.com

Angie Sans : 167 € † chez PorchezTypofonderie | www.typofonderie.com
Alinea Incise : 108 € chez Fontshop | www.fontshop.com

† : 140 € chez FontShop – soit 27 € d’économie – car FSI étant américain, les achats ne sont pas assujettis à la TVA. Y aviez-vous pensé M. Porchez ?

§ Petite piqûre de rappel sur la campagne Eurostar “Londres au rabais” :
http://ulfablabla.free.fr/index.php?2006/09/26/227-les-pubs-eurostar