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Archives velvetyne I et autres pages particulières

Édition / littérature

mercredi 30 juillet 2008

Curiosités typographiques - spécial édition/littérature

Source : http://www.bibliopolis.net/

Une pièce de théâtre sur Gutenberg !
http://www.gutenberg.org/etext/23618

Les best-practices en matière d'édition dans le monde
http://www.slanted.de/node/1878

Les lettres inédites de Georges Bizet
http://www.gutenberg.org/etext/25863

Apologues modernes à l'usage du dauphin
http://www.gutenberg.org/etext/25839

Vénus et Adonis par William Shakespeare
http://www.gutenberg.org/etext/25694

. Quelques vieilles couvertures de Penguin Books shakespeariens
http://www.flickr.com/photos/acejet170/sets/72157603690507750/

Les Trois Don Juan par Guillaume Apollinaire
http://www.gutenberg.org/etext/22971

La terrible et merveilleuse vie de Robert Le Diable
http://www.gutenberg.org/etext/22830

Physiologie du goût par Brillat-Savarin
http://www.gutenberg.org/etext/22741

L'Enfer de Dante
http://www.gutenberg.org/etext/22768
http://www.gutenberg.org/etext/22769

Le Japon en 1866
http://www.gutenberg.org/etext/25364

La Renaissance de la littérature hébraïque
http://www.gutenberg.org/etext/24424

Recueil des expressions vicieuses et des anglicismes les plus fréquents
http://www.gutenberg.org/etext/24045

L'hérésiaque et cie par Guillaume Apollinaire
http://www.gutenberg.org/etext/22356

Choix de poésies
http://www.gutenberg.org/etext/22548

La typographie mallarméenne est-elle dans le domaine public
http://marcautret.free.fr/autret/150q-faq/b/mallarme-domaine-public.php

. Un coup de dés jamais n'abolira le hasard en PDF (édition originale)
http://www.direz.org/site/uploads/Mallarme/Coupde.pdf

Petit manuel à l'usage de ceux qui veulent faire des lipogrammes en e (à l'instar de La Disparition de George Perec)
http://marcautret.free.fr/sigma/pratik/script/elipo.php

Du bon usage des guillemets
http://marcautret.free.fr/sigma/pratik/typo/guilles/

Ecrire de façon simple
http://marcautret.free.fr/sigma/pratik/script/simplifier-1.php

lundi 21 juillet 2008

la nouvelle cerisaie

source : http://popolon.org/gblog2/wp-content/uploads/2007/03/cerisier_acrylique1.jpg

cerise, nonidi, 19 messidor, an CCXVI

la convention

dans babel, ville-chaos, les règles ont été inventées pour tromper les derniers esprits curieux.
le singe vert est la parabole du bien-être.
les normes valent pour géométrie d’un univers qui menace à tout moment d’imploser.
le roi, seul, rit de ces habitudes rigides imposées un soir de joie interrompue.
il danse, hilare, dans un néant qu’il n’aura jamais l’idée d’inventer.

le typographe

il est peintre et comptable.
libre et enchaîné.
misanthrope et enchanté par chaque écho de voix.
à l’inverse du poète — son cousin célèbre — il écrit indifféremment dans toutes les langues.
on le dit sous le joug du saturnien gutenberg. avant, c’était le bois du grand faune.
ici et maintenant, c’est apollon jouant avec des signes de manière.
le typographe, sourd, muet, aveugle, n’effleure plus que l’esprit inquiet, mais la main tranquille son sillon humble et éternel.

la liberté de l’acteur

un acteur n’est pas beau.
la beauté est une actrice.
nuance capitale.
jouer, c’est briser les mots.
rompre le pacte social de la honte et de la timidité.
c’est une danse typographique impudique, les caractères s’enchevêtrent et s’étreignent dans toute leur santé.
l’acteur entre dans sa loge nocre (noire et ocre) et songe à son prochain rôle. ce n’est jamais le sien. d’où sa liberté.

vivre aujourd’hui

vivre aujourd’hui, c’est naître dans un aéroport.
parler cinq langues.
c’est oublier les origines, les incertitudes.
et mordre la vie à pleines dents cariées.
c’est être éphèbe ou hétaïre.
ne jamais penser.
mais vivre aujourd’hui.

les preuves de force
— kropotkine.

Frank ADEBIAYE, 2008

dimanche 29 juin 2008

Les trois bibles

Source : http://www.perecampion.com/

J’ai toujours été fasciné par le papier Bible. Cela est sans doute dû à mes sept années passées à Stanislas ;)

Les manifestations typographiques associées au papier Bible sont rarement anodines. Utiliser le papier Bible, c’est vouloir faire date, vouloir devenir une référence.

Lire la suite "Les trois bibles" »

dimanche 08 juin 2008

L'avaleur de sable

Le guerrier criait de plus en fort sur le champ de bataille, pour que personne d’autre que lui, pauvre homme, ne puisse entendre le murmure assourdissant de son désir existentiel de paix.

mardi 20 mai 2008

Souvenirs des temps pauvres

C’était avant d’atteindre
le Méridien, avant la
grande surplombe.
Nous vivions cachés
dans la peur de l’ennui
Nous varions nos déplaisirs
Nous courrions après
des envies invaincues
Nous parlions de nos
victoires modestes.
Nous ne luttions déjà
plus contre le cours
de la fontaine dorée.
Nous croyions, simplement.
L’industrie était mise au jour à chaque
sursaut impossible
et nous inventions
Sans cesse le monde
qui s’efforçait
aussitôt de nous
oublier. Rien n’était
trop beau pour
nous faire aimer.
Rien n’est plus
grand que le désir
inconquis. Rien
n’est plus triste
non plus.
Le surlendemain, nous
rions déjà de cette dernière
mésaventure.
Dans l’intervalle,
nous avions procédé
à d’orgueilleuses
acquisitions...

Frank Adebiaye, Houlette, Floréal, an CCXVI

lundi 21 avril 2008

La main de Césaire

Aimez-vous Césaire
Vous qui défiez l’ombre
Qui méprisez fer
Et bois des eaux sombres ?

Pensez-vous, beautés
Que les faux prestiges
Désunissent vestiges
D’yeux sourds et lassés

Les élégies funèbres
Les sables d’apparat
Ne trompent ni les nègres
Ni les rois béats

Ce sont les vrais ors
Les dieux du dehors
Ceux que la vie dore
Et rend christophores.

© Frank ADEBIAYE, 21 Germinal an CCXVI — Chêne

jeudi 27 mars 2008

Prendre du plaisir

J’aurais dû commencer par là. Lire Rabelais, c’est enfin découvrir un auteur français optimiste, sans qui la langue française ne serait pas ce qu’elle est — cf. Œuvres complètes, bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1994.
La médecine littéraire ou comment résumer la littérature française en un météore qui va de la guérison rabelaisienne à l’euthanasie célinienne*.
La littérature est aussi et peut-être surtout un passeport de francité. Que voulons-nous dire de nous-mêmes ? Joie ou peine ? Les deux sans doute, mais l’eau à la bouche ou le mors aux dents.

* «[...] Céline est avec Rabelais l’écrivain le plus considérable car ils ont violé la langue française. Ils ont utilisé savamment, simplement et courageusement la langue-mère en y introduisant des audaces, des néologismes. Ce sont les deux écrivains qui ont le plus fait avancer la langue en la décorsetant. »
Marcel Jullian, «Nous étions des gens libres», L’Opinion indépendante

¶ Pour en savoir plus, lire l’excellent dossier consacré à Rabelais sur le site de l’encyclopédie de l’Agora : http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Francois_Rabelais

dimanche 03 février 2008

À propos de Julien Gracq et de l’ordre macro-informatique

La mort de Julien Gracq nous amène de nouveau à nous poser la question de la mesure des ordres. À quel ordre voulons-nous appartenir ? Cette question est capitale.
Julien Gracq, en refusant de se faire publier en poche, avait définitivement choisi l’ordre analogique, l’ordre des Géants. Il n’était pas loin de penser que, dans le livre de poche, il n’y a la miniaturisation, et que dans la miniaturisation, il y avait l’amoindrissement, comme une sorte d’immense euphémisme de l’œuvre. Cette seule idée lui était vraisemblablement intolérable. Le refus du prix Goncourt pour « Le Rivage des Syrtes » provient sans doute aussi pour une grande part de celui d’être réduit à une œuvre, même majeure, même fractale. Il y avait chez Gracq la recherche de la densité, de la cardinalité, chez qui le tout ne pourrait être confondu avec la partie, avec le choix arbitraire d’un commentateur, d’un critique.
Julien Gracq voyait sans doute dans le formatage du prix ou de la collection un relativisme dangereux vis-à-vis de toute œuvre conçue comme un bloc, un roc « inconcédant ».
Avec Gracq meurt l’un des derniers tenants de l’ordre ancien, l’ordre analogique, l’ordre des livres à couper, l’ordre d’une pléiadisation anthume mais tardive & forcément exigeante, élitiste.

Tâchons de nous en souvenir à l’heure de la technologie, de la micro- voire nano- intrusion de tous les gadgets les plus fous. Gardons en tête que cette perpétuelle plongée microscopique nous empêche de prendre du recul. Ainsi arqueboutés sur l’infiniment petit, nous oublions (volontairement ?) l’infiniment grand qui nous dépassons. Nous nous dressons de toute notre mesquinerie devant des fossés dérisoires, des fourmis, tout un univers d’insectes et de lucioles minuscules pour mieux nous penser les seigneurs de ce qui existe. Mais au-dessus de nos têtes de plus en plus enfiévrées de scientistes illusions, se dresse toujours impassible le Très-Haut qui nous voit de plus en plus petits, ce qui nous sommes vautrés dans notre veulerie et dans nos « commodités ».
S’il y a une micro-informatique, il y a une macro-informatique, celle du véritable Ordinateur de l’univers — Dieu — qui nous observe et nous régit. On moque l’«archaïsme» de J. Gracq comme on moque celui de la machine à écrire face aux traitements de textes et autres claviers de Blackberry. Pourtant tout n’est pas si simple : des éditeurs de texte plein écran ont un succès grandissant qui cherchent à reproduire le plus fidèlement les sensations de la machine à écrire — cliquetis et retours chariots y compris. Aujourd’hui on évoque la mort de J. Gracq mais demain, qui sait, on se souviendra plus encore qu’il a existé et qu’il a, le premier franchi le Rivage des Syrtes...

mercredi 30 janvier 2008

Extrait du journal de Mercure (janvier 2008)

Premier janvier 2008

L'antan dans ce visage

La pâle figure
Le mensonge de soi-même
Un oubli du passé
Revenir en arrière
Quel progrès ?
Et surtout l'abandon
de la maigre toute-puissance.

Le nuage identitaire
sans but et
sans parole
Je me suis rencontré
hier, pas de
déclic, pas de
pensée
Inconscient
Je suis sûr
de moi
Au sommet
de la vallée
d'ailleurs

6 janvier 2008

Le roman vrai d'aujourd'hui est mort-né de l'impossibilité d'aimer. Jalouser, convoiter, désirer n'est rien. Aimer n'est plus. En Dieu est mort le sacré où l'on plaçait l'Autre, le miroir éclairant, l'horizon.
Désormais, tout est pâle et vide.
Le noir provient de ce désespoir infini jusqu'alors tout à fait indescriptible.
C'est agressé et agressif que nous rions jaune à la vie.
L'oeil est noir. Le coeur est blessé. Que faire d'autre sinon espérer ainsi en vain ?

****

Écoutez tous ces soliloques
Ce sont des oiseaux
En train
de mourir
Ils ont amassé
Tous les trésors
Mais n'ont personne
Avec qui les partager
Dans quelque temps
S'ils ne coupent
pas cette tête
surdimensionnée
Ils pensent perdre
le chemin de la
Cité de Dieu
Mais ils la souillent
sans le savoir
Le malheur perpétuel
isole et c'est là
tout leur faix
impénétrable.

***

Je me marierai
bientôt
pourtant mon désir
est de vous servir toujours.
Je suis un pauvre diable
claudiquant
Pour encore hésiter
ainsi entre
noble ministère fidèle
et soumission inconsciente
Ma robe ecclésiastique
éclipsant cette époque sordide
Trop régulière, elle luit d'un sable
terrible — qui puis-je ?

Le velours du
noble monde des morts
ne l'atteint pas plus que l'amaranthe
éclat d'Aphrodite
C'est un cheval
intrépide et glissant
Destin d'exception
Souffle divin
Pégase à tête
d'homme.

© Frank ADEBIAYE, janvier 2008

mardi 22 janvier 2008

Gémellité du pouvoir


Source : http://www.ianridpath.com/

Il est un sage apaisé
Bienveillant
Une force tranquille
Face à lui, ce Soleil
presque, l'Aurore
bleue vacille encor'
à peine née
Face au monde, il étend
son magistère
Un éclair de lucidité
maudit soudain cette
sujétion dominatrice
Il dévore ses héritiers
et recrache injustice,
haine et néant.

Frank ADEBIAYE, 2008
(27 Nivôse an CCXVI — Plomb)