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Archives velvetyne I et autres pages particulières

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avril 2008

mercredi 30 avril 2008

Curiosités typographiques

Source : http://neatorama.cachefly.net/images/2007-11/toilet-paper-typography.jpg

Le jeu typographique du moment
http://fontgame.ilovetypography.com/
N.B. : je fais partie de ceux qui ont fait un score parfait à ce jeu :)

Vivo in typo
http://www.wikio.fr/article/53827006?wfid=53827006

Chiffres suspendus
http://www.typographe.com/article/784/chiffres-suspendus

5 idées simples pour faire de la bonne typo sur le Web
http://www.smashingmagazine.com/2008/04/23/5-principles-and-ideas-of-setting-type-on-the-web/

Hermès Scripte par Eric de Berranger pour Hermès
http://www.typographe.com/article/787/hermes-scripte

Polices gothiques modulaires
http://fontstruct.fontshop.com/fontstructions/show/faketur
http://fontstruct.fontshop.com/fontstructions/show/struktur

Une autre typeradio
http://www.cbc.ca/spark/blog/2008/04/episode_34_april_23_26_2008.html

A la recherche du zen électrotypographique
http://www.slate.com/id/2182744/fr/rss/

mardi 29 avril 2008

In memoriam — Kaya (1978)

Source : http://www.dance-lyrics.com/ama/kaya_b00005mka1.jpg

Je connais Bob Marley depuis 30 ans et la sortie le 23 mars 1978 de Kaya. C’était avant ma naissance ; c’est tout dire. J’ai abordé Bob Marley par la face Sud, ensoleillée, désembrumée en apparence de la vapeur ganja contestataire des débuts. J’ai vu dans la pochette grise face Nesta souriante et colorée, le manifeste de la musique de chanvre positive, harmonieuse.
Avec Survival (1979), Kaya est sans doute l’album le plus réussi de Bob Marley. C’est celui présentant la plus grande unité. Sa (fausse) légèreté en fait un classique indépassable, quoi qu’en pensent les extrémistes de la musique roots. On trouve sur cet album la meilleure chanson de Bob Marley, véritable apogée de son génie — à savoir « Crisis ». Les premières paroles, en particulier, sont magnifiques :
They say the sun, shines for all,
But in some people world, it never shine at all.
They say love is a stream that will find its course ;
Some people think life is a dream
So they making matters worse.

On trouve aussi la version finalisée de « Kaya ». Ce n’est pas rien tout de même...

dimanche 27 avril 2008

Sur la route du Memphis

J’ai l’impression de renaître hier quand j’observe avec admiration la vogue pour les mécanes, qu’elles soient imprimées sur des magazines nouvellement lancés (comme GQ — Gentlemen Quarterly), à la faveur de déclinaisons de polices à grand tirage (Vista de Xavier Dupré, utilisée à bon escient dans l’Express) ou de réédition OpenType (Le Monde Courrier PTF de Jean-François Porchez).
On se souviendra avec bonheur que les mécanes comptent dans leurs rangs, les polices « machines à écrire » — comme LTC Remington Typewriter — qui a le bon goût d’être polyglotte (latin, grec, russe) comme les meilleurs écrivains du siècle passé — Borges et Beckett en tête.
Il y a aussi la rondeur audacieuse de l’Archer d’Hoefler-Frere & Jones — qui comptera sans nul parmi les meilleures polices de l’année 2008 — a minima.
Il y a dans les mécanes, catégorie typographique sous-estimée, une modernité assumée, une liberté de ton assumée, quelque chose de méta-typographique. C’est évidemment une passerelle privilégiée entre typographie et littérature.
Quand on voit Archer à l’œuvre sur les affiches récentes du Théâtre de Bobigny (93), on peut dans la mécane une nouvelle incarnation de l’avant-garde typographique - comme la police éponyme d’Herb Lubalin l’a été dans les années 70.
Je repense aussi à l’idée que je suggérais il n’y a pas si longtemps dans un post intitulé « Comic (Sans MS) de répétition » (du jeu de mots comme art mnémotechnique), à savoir l’idée d’une typographie un peu « casual », une typographie vacancière, fin-de-semaine, détendue — loin du formalisme des serifs et de la froideur des sans-serifs. On voit donc enfin apparaître un casual chic en matière typographique, et nous ne pouvons que nous en réjouir. Le passage de la typographie au plomb à la typographie à la lumière a fait de la typographie une sorte d’université de tous les savoirs graphiques au service de l’empreinte. À suivre...

mardi 22 avril 2008

Le rouge velvetyne

Source : http://farm1.static.flickr.com/233/514973635_8c22f68fec.jpg

lundi 21 avril 2008

La main de Césaire

Aimez-vous Césaire
Vous qui défiez l’ombre
Qui méprisez fer
Et bois des eaux sombres ?

Pensez-vous, beautés
Que les faux prestiges
Désunissent vestiges
D’yeux sourds et lassés

Les élégies funèbres
Les sables d’apparat
Ne trompent ni les nègres
Ni les rois béats

Ce sont les vrais ors
Les dieux du dehors
Ceux que la vie dore
Et rend christophores.

© Frank ADEBIAYE, 21 Germinal an CCXVI — Chêne

samedi 12 avril 2008

Vivre au temps des typographes

Un moment historique : ma première impression avec typo bois (pour les caractères) et plomb (pour le portrait de Gutenberg).

¶ Je reviens d’un voyage extraordinaire à Mayence. Je dis extraordinaire, non pas parce que je suis le seul à l’avoir entrepris — les touristes ne manquent pas dans la cité de Gutenberg — mais parce que je l’ai entrepris avec la foi indéfectible en son absolue *nécessité*.
Les choses vues dans la cité-étain sont d’une incomparable beauté ; je pense notamment à une extraordinaire Bible polyglotte (hébreu, latin, grec).
La communauté des typographes (le Typographe, l’ATypI, les rencontres de Lure) est une communauté d’estime et de grandeur, on y retrouve la noblesse originelle des typographes datant de l’époque où ils pouvaient porter l’épée.
Pour ma part, je porte la plume et, à ce titre, je la mets à contribution pour célébrer la joie d’être le contemporain de grands typographes (par ordre alphabétique, Christophe Badani, Adrian Frutiger, Jean-Baptiste Levée, Jean-François Porchez, Hermann Zapf).
Le choc culturel que j’ai eu en voulant échanger mes impressions autour du Gilgenart  d’Hermann Zapf (1938) avec un typographe allemand, un tantinet begrenzt et certainement choqué, à juste titre, par les outrages que je fais à la langue de Gutenberg quand il me prend la fantaisie de l’employer pour partager ma passion ; ce choc, disais-je, m’a fait comprendre que nous sommes peut-être plus tout à fait complètement au temps du plomb ; néanmoins, nous ne sommes pas non plus au temps de l’argent. Ce n’est pas la motivation première du typographe, contrairement à ce que certains esprits chagrins et rancuniers voudraient nous faire accroire.
C’est même le contraire, je pense ainsi être en mesure de me déclarer anti-alchimiste, c’est-à-dire que je souhaite transformer l’or en plomb, le brillant en mat, l’éphémère, le fugace en consistant, durable.

¶ Quand je répète « Semper eadem sunt omnia » (cf. Calendrier de la future année révolue), je retrouve un écho de cette grande marque de sagesse dans l’étude attentive des Typographes d’Eugène Boutmy (1883). Beaucoup de passages de ce texte — incontournable pour qui veut comprendre l’identité des typographes, français en particulier — me disent assez qui je suis et dans quelle perspective nous travaillons.
Nous limiterons notre exposé à quelques passages cardinaux :
§ Le typographe est un être « ondoyant et divers », essentiellement fantaisiste et prime-sautier (p.14 dans l’édition que je propose, dite de l’Archer de Mayence, avril 2008).
Cette description ne me semble pas tellement s’appliquer aux dessinateurs de caractères, mais davantage aux auteurs-typographes, qui compose les curiosités littéraires d’autrui ou celles issus de leur propre imagination délirante.
§ Un caractère commun à la grande majorité des typographes, c’est l’amour du progrès et des idées nouvelles. En tout et partout le compositeur est pour le progrès. « Il a été [...] de toutes les religions nouvelles qui ont essayé de reconquérir notre foi lasse de tout même de sa pauvre sœur, l’espérance. »
On pense évidemment à Pierre-Joseph Proudhon, à la fertilité de son œuvre politique et économique. On pense encore à l’humanisme, à l’idéal virginal de la page blanche toujours à recomposer. On pense aux plus exquises nourritures spirituelles accompagnées des mets terrestres les plus délicieux, bref au paradis sur la Terre.
§ L’ouvrier compositeur se croit, en général, apte à tout ; mais, parmi les carrières qui lui offrent le plus d’attrait, il faut ranger en première ligne la carrière théâtrale.
Cela m’évoque le typecasting (1), le choix des caractères à dépeindre, et à dépendre de soi. L’extraordinaire talent de composition incarne dans un texte, un discours toujours mis en page ou mis en scène.

Il y a d’autres passages tous plus croustillants les uns que les autres que vous invite à découvrir sans plus tarder — les anecdotes sur les typographes dépensiers et alcooliques ou encore l’excursus sur les typographes américains sont de véritables morceaux de bravoure.

Je voudrais simplement terminer cet article sur quelques commentaires relatifs à l’étude de caractère que fait E. Boutmy des correcteurs d’imprimerie, l’autre classe de typographes relisant le travail des compositeurs.
Dans la société du contrôle et de la surveillance dans laquelle nous vivons, il est bon de revenir à quelques métiers fondamentaux de notre époque moderne comme celui de correcteur d’imprimerie — métier aujourd’hui largement décimé par la course à la vitesse et l’obsession maladive de la réduction des coûts.
La tâche du correcteur d’imprimerie, quelle est-elle ?
« Ramener à l’orthographe de l’Académie la manière d’écrire particulière de chaque auteur ; donner de la clarté au discours par l’emploi d’une ponctuation sobre et logique ; rectifier des faits erronés, des dates inexactes, des citations fautives ; veiller à l’observation scrupuleuse des règles de l’art ; se livrer pendant de longues heures à la double opération de la lecture par l’esprit et de la lecture par le regard, sur les sujets les plus divers, et toujours sur un texte nouveau où chaque mot peut cacher un piège, parce que l’auteur, emporté par sa pensée, a lu, non pas ce qui est imprimé, mais ce qui aurait dû l’être. »

Le statut de ce même correcteur est celui de tous ceux qui exercent des métiers de contrôle et de vérification.
« Le patron voit souvent en lui une non-valeur, puisque son salaire est prélevé sur les étoffes ; le prote, la plupart du temps, diminue le plus possible l’importance de ses fonctions. Aussi, et nous avons le regret de le dire, le réduit le plus obscur et le plus malsain de l’atelier est d’ordinaire l’asile où on le confine. C’est là que, pendant de longues heures, il se livre silencieusement à la recherche des coquilles, heureux quand il n’est pas troublé dans sa tâche ingrate par les exigences incroyables de ceux qui exécutent ou dirigent le travail. »
« Le correcteur a des origines diverses ; mais on peut affirmer, sans crainte d’être démenti, qu’il n’y a peut-être pas un seul correcteur dans les cent imprimeries de Paris qui ait fait de cet emploi le but prémédité de ses études ou de ses travaux antérieurs. C’est par accident qu’on devient correcteur. »
« Souvent, c’est un compositeur intelligent qu’une cause quelconque éloigne de sa casse et qui se consacre à la lecteur des épreuves. [...]
Ou bien c’est un jeune homme sans fortune, élevé au collège ou au séminaire. Ses études achevées, il s’est trouvé en face d’un problème terrible : vivre. [...] Ces deux déclassés se sont longtemps débattus avant de trouver un asile. La typographie leur a ouvert ses bras accueillants. Ils s’y sont jetés, et, pour la plupart, ils y restent, s’efforçant d’acquérir ce qui leur manque au point de vue du métier et apportant l’appoint de leurs études antérieures et de leurs connaissances qui s’accroissent chaque jour. »

La peinture enfin de son caractère est particulièrement révélatrice.
« Au point de vue du caractère, le correcteur n’est pas exempt de certains défauts, qu’on relève d’ailleurs avec assez d’amertume ; mais ces défauts on doit les attribuer plutôt à sa situation qu’à la nature. Il ne faut pas oublier qu’il est presque toujours un déclassé : aussi semble-t-il juste d’excuser plus qu’on ne le fait les correcteurs auxquels on serait tenté, de reprocher leur caractère maussade quelquefois peu bienveillant, plutôt porté à la tristesse et à la misanthropie qu’à la gaieté. Encore une fois, il faut se souvenir qu’avant d’en venir là ils ont souffert de pénibles froissements éprouvé de nombreuses déceptions. »
« Les occupations du correcteur et la tournure habituelle de son esprit le ren­dent tout à fait impropre aux opérations les plus simples de la vie usuelle, et le nombre est grand de ceux qui ont échoué dans les tentatives qu’ils ont faites pour se créer dans un autre milieu une situation indépendante. »

(1) http://www.ms-studio.com/typecasting.html

¶ Présentation de l’édition de l’Archer de Mayence
Edition mise au point fin mars - début avril 2008 à partir du texte « Les Typographes » disponible sur Wikisource.
Titre composé en ITC Bodoni, texte composé en Archer d’Hoefler & Frere-Jones
Les passages cardinaux sont en gras et en rouge.
Les expressions savoureuses sont en gras italique.
La mécane Archer a été choisie pour deux raisons :
1. son rattachement en tant que mécane à l’ère industrielle dont est issu le texte de Boutmy ainsi que son objet ;
2. ses qualités graphiques, l’optimisme de ses empattements arrondis, ses caractères numérotés en font une police très agréable à utiliser pour la composition et très agréable à lire, même à l’écran.
Cette édition a d’ores et déjà fait l’objet de corrections. Toutefois, si vous remarquez des coquilles, n’hésitez pas à m’en faire part.

Bonne lecture !
Les_typographes.pdf

jeudi 10 avril 2008

Curiosités typographiques



Source :
http://farm3.static.flickr.com/2207/2313882638_6ba288f7d3_o.jpg

Retour sur un très grand canular typographique : le Helvetica Serif
http://www.theserif.net/?p=5882

Polices de machines à écrire
http://blogs.walkerart.org/design/2008/03/23/typewriter-typefaces/

Le cas de l’esperluette par Paul Rand (1989)
http://www.paul-rand.com/thoughts_caseAmpersand.shtml

Approche très geek mais aussi très typographique du flow-chart
http://www.nytimes.com/2008/03/09/opinion/09rogers.html?_r=2&oref=slogin&oref=slogin

L’odyssée de la typographie (en fond d’écran)
http://www.ministryoftype.co.uk/images/files/type-odyssey-desktop.jpg

Nous aimons tous la typographie, surtout présentée ainsi
http://inspiredology.com/graphic-design/typography/

Les lexèmes expressifs affixaux dans la presse francophone
N.B. : autrement dit, première approche systématique du langage journalistique (en particulièrement dans son approche dérivative) écrit francophone
http://dea.isachenko.free.fr/index.htm

Création typographique en copte sur plomb
http://www.typographies.fr/

Les Voyages Amusants de Louis-Balthazar Néel
http://www.gutenberg.org/etext/24960

Les Aventures extraordinaires d'un savant russe par Graffigny et Le Faure
http://www.gutenberg.org/etext/24962

La Reine d’Angleterre sait récompenser les grands typographes (?!)
http://ilovetypography.com/2008/04/01/arise-sir-erik-spiekermann/

Essai sur la dualité de l’image typographique
http://www.slanted.de/node/1728

Douze sources d’inspiration pour créer sa propre police de caractères
http://www.gomediazine.com/design-tip/12-sources-of-inspiration-for-creating-your-own-lettering-or-typeface-designs/

Appel pour le livre
http://www.lekti-ecriture.com/contrefeux/Appel-pour-le-livre,316.html?debut_signatures=1050

lundi 07 avril 2008

Le poète et l'imprimeur

Source : hermars @ flickr

La face du poète est quasi infinie
Tandis que celle du producteur rétrécit
On retrouve la leçon des âges, des métaux
Singer par la contrainte, ursir par les mots.

Battre la mesure, c'est musique du verbe
Elle devrait rendre heureux tous les pensifs
Voyez les donc, rongés, torturés et acerbes
Ils méditent leur forfait, méchants et passifs.

Frank ADEBIAYE, 17 Germinal, an CCXVI (Mélèze)

vendredi 04 avril 2008

L’almanach des échansons

Photo : Ganymède (Γανυμήδης), l'échanson des Dieux dans la mythologie grecque

Source : http://mythologica.fr/grec/pic/ganymede_2.jpg

Assez vrayment on ne revere
les divines bourdes d'Homère,
qui dit, que l'on ne peut avoir
si grand plaisir que de se voir
entre amis à la table,
Quand un menetrier delectable
paist l'oreille d'une chanson,
et quand l'outresoif échanson
fait aller en rond par la troupe
de main en main la pleine coupe.

Ronsard, les Folastries, 1553

Henri Salvador restera toujours dans notre cœur.

¶ Divine qui vient chanter ce soir. Sébastien Tellier, le turbulent, s’attaque à l’épineux dossier de la succession de Marie Myriam (1977). Espérons qu’il sera touché par la grâce (divine).
Retour sur Sexuality de Sébastien Tellier
Vertige de Politics qui l’avait fait échanson, on pensait Sébastien Tellier victime des flèches qu’il avait lui-même lancées. Tellier triomphe de la dépression par la petite mort. Sexuality est massivement vital et cela nous agrée.
Je ne suis pas un expert en musique électronique mais il me semble assez révolutionnaire autant de sexe dans ce genre musical. Mais je pense peut-être trop à Kraftwerk (même s’ils ont sorti en leur temps le très inattendu « Sex Objekt » — in Elektrik Café, 1986).
Les méthodes sont toujours aussi réussies mais la rhétorique contestataire a fait place à une séduction presque primale (notamment sur « Kilometer » et sur « Pomme »).
La voix est suave, notamment sur « Roche » où Tellier chante délicieusement bien... en français :
Enfin, il y a évidemment « Divine », astucieusement employé en son temps dans le « Grand Journal » de Michel Denisot.

. Chansons remarquables de Sexuality
Roche
Look
Divine
Sexual Sportwear (instrumental)

Alain Bashung revient avec Bleu pétrole au mieux de sa forme.
Il sort du crépuscule aussi élégant qu’inquiétant de l’Imprudence.

. Chansons remarquables de Bleu pétrole
Je t’ai manqué
Résidents de la République
Hier à Sousse
Le secret des banquises

. Note concernant la reprise d’« Il voyage en solitaire » de Manset.
Reprise un peu vaine à la première écoute mais attachante à la longue par son côté country (un des paradigmes fondateurs du rock). Bashung nous fait redécouvrir le texte de Manset avec une intelligence nouvelle, comme pour sa reprise des « Mots bleus » de Christophe (sur Climax).

Jean-Louis Murat sait encore nous étonner. Avec Charles & Léo, le brenoï avait entamé une phase néoclassique (la quatrième, donc) marquée par un bref retour aux manettes de Denis Claivaizolle.
Avec Tristan, Murat se pose en troubadour définitif, (ré)inventant un folklore à lui tout seul. La chanson « Le voleur de rhubarbe » (Lilith, 2003) était, à cet égard, un immense signe avant-coureur. Ce n’est donc pas de la frénésie mais du talent en abondance. Un immense travail, où la vision de l’artiste le dispute au génie de l’artisan.

. Chansons remarquables de Tristan
La légende dorée
Mousse noire
Les voyageurs perdus
Marlène

¶ Francis Cabrel est un échanson sous-estimé. Pris dans une auto-censure façon numerus clausus, je ne l’avais pas intégré dans le cercle initial des échansons. C’était une erreur. N’en déplaise à une certaine critique qui lui a longtemps tourné le dos, Cabrel est un grand de la chanson. Sa démarche et sa régularité sont exemplaires. Son mode de vie, fait rare parmi les échansons, est exemplaire. L’album Hors-Saison (1999) était déjà une rupture. La ballade était déjà plus sérieuse que le simple propos de l’amour (même si l’on ne saurait badiner à ce sujet...).
Son best-of, sorti l’an passé pour célébrer ses 30 ans de carrière, avait des allures de révélation cardinale. Cabrel est au folk française ce que Nougaro est au jazz français : un incontournable.
Des roses et des orties (le titre a-t-il, un tant soit peu, inspiré par Le Rose et le Vert de Stendhal ?) est un petit bijou d’unité, de fluidité. La voix est intacte, le ton plus engagé. Cabrel est une valeur sûre, un chanteur de métier. L’absence avérée de moustache n’illustre que mieux la présence intense, minérale, juste.

. Chansons remarquables de Des roses et des orties
La robe et l’échelle
Les cardinaux en costume (mention spéciale pour le titre de la chanson, particulièrement inspiré)
Le chêne liège
Le cygne blanc
Madame n’aime pas

mardi 01 avril 2008

Morgen (aber nicht morgen) über alles

Trop de malandrins se laissent enfermer dans les geôles pernicieuses du crépuscule (Dämmerung). Alors qu’il suffisait d’ouvrir les portes du Soleil.
Trop de foutriquets se laissent piéger par les charmes maléfiques de la négativité (Pessismus). Positiver est bien meilleur pour le moral.
Trop de scélérats gémissent à la première occasion venue, alors que rire tous les jours est recommandé à qui veut mener une vie saine et équilibrée.
Trop de battoirs de Saint-Mathieu oublient de dépenser le peu de temps qu’il leur reste aux principes cardinaux de leur identité, et meurent un jour sans lendemain en ayant perdu la mémoire de leurs rêves.
Trop de somnolents moisissent dans leur lit, en oubliant les promesses de l’aube et maudissent quelques heures de calvaire plus tard le jour même de leur naissance.
Trop de balourds mangent le pain noir de la résignation alors que le bonheur n’est pas si loin.

Alors levez-vous de bonne heure, et vivez pleinement chaque jour que Dieu fait !

Frank ADEBIAYE, Charme, Duodi, 12 Germinal, An CCXVI