Source : http://justin.arnault.free.fr/blog/wp-images/photos/0508/grece-olympie-2.jpg
Astérix est un mythe. C’est le retour en force de la mythologie de l’origine gallo-romaine au temps des Mythologies de Roland Barthes.
On aurait pourtant tort de penser que la BD est en tout point irréprochable. Ainsi tous les épisodes ne se valent pas. Le dessin s’est perfectionné au fil des épisodes en même temps que la veine historique, le filon scénaristique s’est effiloché.
Astérix le Gaulois est évidemment une réussite, c’est le point de départ de toute la série. On est en pleine dissidence, en pleine mythologie druidique (bien rendu au cinéma par Panoramix - Piéplu). Mais au-delà, que fallait-il faire ? D’innombrables rencontres cultures. D’abord dans les régions de France, pardon de Gaule (Astérix à Lutèce, Astérix et le bouclier arvène, Astérix chez les Corses...) puis à l’étranger (Astérix mission Cléopâtre, Astérix chez les vikings...). Et au-delà encore ? Le sport. Astérix aux Jeux Olympiques. C’est là que le bât blesse. Le sport n’est que rarement une élément moteur, au sens cinématographique du terme.
Le scénario de la BD était faible. Que pouvions-nous attendre de mieux par conséquent au cinéma ? Je suis de ceux qui pensent que Langmann et Forestier ont fait réellement de leur mieux sur ce film.
Citons au niveau des acteurs, outre la performance incontestable de Depardieu dans le rôle d’Obélix, l’extraordinaire prestation de Clovis Cornillac en Astérix et évidemment Brutus - Poolevoorde et César - Delon.
Les effets spéciaux sont également particulièrement réussis. Il est à noter que les effets de la potion magique sont de mieux en mieux rendus d’épisode en épisode — en épousant à chaque fois avec la plus grande finesse l’ambiance du volet. Ici, lutte anti-dopage oblige, on se pose la question de l’après-potion magique. Que reste-il d’Astérix sans la potion magique ? La ruse précisément, on n’avait que trop vu la force d’Obélix, ici affublé de qualités de poète. Cela donne à réfléchir sur la condition du poète — brute avinée ? Astérix, brillamment interprété par Clovis Cornillac, est enfin futé, enfin une étoile (c'est l’étymologie d’Astérix — aster = étoile en latin) qui guide avec bienveillance tout l’épisode. Ce n’est pas le cas, pardon de le dire de Panoramix — joué par un Jean-Pierre Cassel en retrait (la maladie y est sans doute pour beaucoup, son talent n’est pas en cause) tout comme la magie. La seule qui vaille est celle de l’amour, amour d’une femme dans le cas de Stéphane Rousseau - Alafolix, ou amour de soi dans le cas d’Assurancetourix ou de Francislalannix.
Le final sportif all-stars reflète bien, à mon sens, la « spotisation » du sport, ou le sport réduit à des stars dans les clips publicitaires. Zidane, Schumacher, Mauresmo ou Parker, de ce point de vue, même combat ; un peu comme Jamel, sportif du rire ; de la publicité, encore de la publicité, un marché européen à inonder (c'est le point du précédent épisode — l’humour des Nuls étant peu exportable).
Finalement, un épisode d’Astérix à la mesure des enjeux olympiques ; pas de politique, un message de paix, festif, quitte à devenir par moments un peu vide — il n’y a plus l’affirmation identaire (contre l’autre dans le premier épisode, grâce à l’autre dans le deuxième). Il n’y a que poussière, souvent dorée et amalgame (de beaucoup d’argent). Ave !
Les commentaires récents