août 2008

dim. lun. mar. mer. jeu. ven. sam.
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
31            
Blog powered by TypePad

Archives velvetyne I et autres pages particulières

« décembre 2007 | Accueil | février 2008 »

janvier 2008

jeudi 31 janvier 2008

Micromegas, II : jeu virtuel vs incendie d’un établissement

Je dois l’admettre, l’informatique m’a longtemps passionné. Elle m’a beaucoup appris sur les possibilités de l’esprit humain. Toutefois, le monde virtuel étant un miroir déformant voire le miroir sans tain de la réalité, je ne suis pas sûr d’en avoir appris aussi rapidement à en maîtriser les effets.
Le monde informatisé est un monde miniaturisé dans ses principes d’utilisation mais gigantesque dans son principe d’application. J’ai commencé à m’en rendre compte au moment de mes premiers pas dans la PAO à partir de 1996 et plus sûrement à partir de 1999. À l’époque, je triturais la première version d’InDesign pour mettre en page la gazette des internes de mon lycée. Pour moi, l’affaire était simple, entendue, comme un jeu d’astuces et de combinaisons techniques. Pour le rédacteur en chef, la portée était beaucoup plus grande ; avec le recul, je crois que cela avait à avoir avec la politique – en l’occurence, la portée expressive et représentative d’un groupe. La chose était publique, immense, conséquente.
Plus tard, les factures des imprimeurs auxquels je fournissais dans le cadre de projets associatifs mes fantaisies typo-graphiques devaient encore m’alerter davantage sur le poids du vrai monde.

Les lecteurs de journaux à l’esprit le plus romanesque sont déçus. On nous annonce un séïsme à la Société Générale : y a-t-il incendie ou demande de rançon ? Même pas, une fraude virtuelle aux conséquences bien réelles grandement facilitée par la micro-informatique. Allez pourtant dans n’importe quelle agence de la banque rouge et noir, vous les verrez intactes. C’est un fait, « ils ne mouraient pas tous mais tous étaients frappés » (J. de La Fontaine, « Les animaux malades de la peste » in Fables). Le spectacle même du scandale nous paraît un peu volé, un peu factice. Il n’y a pas assez de bruit pour une telle déflagration. On nous parle de défaillance de contrôle interne, la fraude passe de plus en plus au second plan – comme si les papiers éternels de la bureaucratie parvenaient tout de même à étouffer le feu...

Note : le premier Micromégas était consacré à la fin du music-hall...

mercredi 30 janvier 2008

Extrait du journal de Mercure (janvier 2008)

Premier janvier 2008

L'antan dans ce visage

La pâle figure
Le mensonge de soi-même
Un oubli du passé
Revenir en arrière
Quel progrès ?
Et surtout l'abandon
de la maigre toute-puissance.

Le nuage identitaire
sans but et
sans parole
Je me suis rencontré
hier, pas de
déclic, pas de
pensée
Inconscient
Je suis sûr
de moi
Au sommet
de la vallée
d'ailleurs

6 janvier 2008

Le roman vrai d'aujourd'hui est mort-né de l'impossibilité d'aimer. Jalouser, convoiter, désirer n'est rien. Aimer n'est plus. En Dieu est mort le sacré où l'on plaçait l'Autre, le miroir éclairant, l'horizon.
Désormais, tout est pâle et vide.
Le noir provient de ce désespoir infini jusqu'alors tout à fait indescriptible.
C'est agressé et agressif que nous rions jaune à la vie.
L'oeil est noir. Le coeur est blessé. Que faire d'autre sinon espérer ainsi en vain ?

****

Écoutez tous ces soliloques
Ce sont des oiseaux
En train
de mourir
Ils ont amassé
Tous les trésors
Mais n'ont personne
Avec qui les partager
Dans quelque temps
S'ils ne coupent
pas cette tête
surdimensionnée
Ils pensent perdre
le chemin de la
Cité de Dieu
Mais ils la souillent
sans le savoir
Le malheur perpétuel
isole et c'est là
tout leur faix
impénétrable.

***

Je me marierai
bientôt
pourtant mon désir
est de vous servir toujours.
Je suis un pauvre diable
claudiquant
Pour encore hésiter
ainsi entre
noble ministère fidèle
et soumission inconsciente
Ma robe ecclésiastique
éclipsant cette époque sordide
Trop régulière, elle luit d'un sable
terrible — qui puis-je ?

Le velours du
noble monde des morts
ne l'atteint pas plus que l'amaranthe
éclat d'Aphrodite
C'est un cheval
intrépide et glissant
Destin d'exception
Souffle divin
Pégase à tête
d'homme.

© Frank ADEBIAYE, janvier 2008

La mort du Directeur

Quand je pense à Philippe Khorsand, je le revois dans « Mes meilleurs copains » de Jean-Marie Poiré (1988). Une distribution de rêve : Gérard Lanvin, Christian Clavier, Jean-Pierre Bacri, Jean-Pierre Darroussin, entre autres.
Il est intéressant de constater que Philippe Khorsand était dans ce film physiquement à son apogée alors que ses compagnons de jeu paraissaient encore un peu jeune.
Je découvre ses origines iraniennes, aussi discrètes et sympathiques que celles d'André Agassi.
Bien sûr, je pense au Directeur du « Palace » de Jean-Michel Ribes.
Les années 2000 viennent après les années 70 depeupler un peu plus le cinéma français.

Curiosités typographiques

Source : http://geneamichaud.free.fr/

Le livre, grand vainqueur des ventes en ligne

Hoefler & Frere-Jones sortent les archers

Animalerie typographique

Mur typographique

Typo en fête

Les mots sont des images

Beaux specimens typographiques

Abbott & Costello en typo

Décomposition typographique

Réexamen du Gill Sans

Numéro spécial d’Idea Mag consacré à Jan Tschichold (il me le faut !)

La foudre tombe toujours préférentiellement sur les arrogants et les misérables...

Le scandale qui s’abat sur la Société Générale me fait assez penser à la chute d’Andersen. Les deux firmes ont une certaine arrogance en commun. La conscience de leur élitisme, leur auto-satisfaction permanent ont longtemps agacé sans qu’on puisse rien y faire. Mais un beau jour, ces artabans faillissent sur ce qui les a rendu grands, sur leur principale source de revenu : le mandat Enron pour le bureau de Houston et les dérivés actions pour la Société Générale.

Il ne se trouvera personne pour défendre Daniel Bouton — à part peut-être Christine Lagarde. M. Bouton, un non-banquier, est de la trempe des Jean-Yves Haberer — ENA, inspection des finances. Depuis Haberer, cependant, nous sommes passés du franc à l’euro.

Je pense à ma conseillère de clientèle SocGen qui me dit presque les larmes aux yeux qu’après tout, 800 millions de résultat, ce n’est pas si mal. Je me dis que si tout le monde avait l’ambition aussi à la Générale, nous n’en serions peut-être pas là...

mardi 29 janvier 2008

La typographie sans qualité

Il est symptomatique de voir que la première (et sans doute dernière) vedette typographique d'un film soit helvetica — la police tout à fait neutre.
Il est loin le panache de Claude Garamond, l'ingéniosité du Times de Stanley Morrisson. À croire que la typographie est condamnée désormais à être un serviteur noble et silencieux.
Un ami me disait jadis qu'il écrivait en arial sur son ordinateur car c'est plus lisible. Ce n'est pas seulement plus lisible — pour le typomane que je suis, helvetica est le remède à la déformation optique qui me fait voir la police avant le texte.
Avec helvetica, je me concentre directement sur le texte que je suis en train d'écrire. helvetica est le compagnon d'un éditeur de textes plein écran comme q10 sous windows ou writeroom sous macintosh.
helvetica permet d'aller à l'essentiel. En cela, elle dit bien la soif de l'époque pour la cardinalité — ce besoin de plus en plus impérieux de savoir distinguer l'essentiel de l'accessoire.
Les autres polices paraissent soudain fantaisistes. Elles ne sont que des aprêts a posteriori mais ne peuvent en aucun cas prétendre à une présence au moment de la fabrication du texte.
Il est littéralement renversant de penser qu'helvetica soit devenue de facto la police "classique" par excellence. On a encore trop de Garamond, de Didot ou même de Times en tête pour l'admettre tout à fait.

lundi 28 janvier 2008

La fièvre du dimanche matin

Non, ce n'est pas la fièvre du samedi soir, cette torture dominicale prématurée, le bras de Dieu qui vous malaxe le cerveau.
Vous errez à la recherche de la pharmacie de garde — titubant à jeûn.
Vous payez à vil prix un remède de cheval.
Cheval de Troie... Lundi ne met pas fin à ce calvaire. La physique (du corps au repos) ne suffit plus. Chimie acharnée avant Dieu (?)
Vous êtes faibles, pour vous laisser le temps de faire cesser la maladie qui vous ronge, on vous arrête pour maladie.
Une semaine étrange de convalescence, de fièvre intrépide et de culpabilité (on aurait bien eu besoin de vous).
Dans les dernières brumes de janvier, vous sondez la vide liberté ; vous êtes disponible à vous-même le temps d'un mauvais songe.

vendredi 25 janvier 2008

Curiosités typographiques

Coq par Roger Excoffon (1963)
Source : http://img323.imageshack.us/img323/5035/coq7sh.jpg

Hommage au maître Roger Excoffon
http://paris.blog.lemonde.fr/2008/01/22/roger-excoffon-graphiste-et-typographe-galerie-sur-design-et-typo-le-site/

OpenOffice chez Eyrolles
http://paris.blog.lemonde.fr/2008/01/23/openofficeorg-writer-par-igor-barzilai-chez-eyrolles/

Le temps de la bombe typographique
http://www.slanted.de/node/1613

Dégradé typographique en CSS
http://www.webdesignerwall.com/tutorials/css-gradient-text-effect/

Typographie et sensualité
http://www.wildwildweb.fr/2007/11/30/late-chocolate-typographie-et-sensualite/

Typo-GRAPHISME de l’information
http://fallingtimes.info/index.php?page=1&lang=en

Message à caractère typographique
http://www.behance.net/Gallery/words-1-100/52549

Typographie spiritueuse
http://paris.blog.lemonde.fr/2008/01/24/smirnoff-utilise-la-typo-pour-mystifier-sa-marque/

L’esprit de la lettre (hommage à Victor Hugo)
http://www.paris.fr/portail/Culture/Portal.lut?page_id=5852&document_type_id=2&document_id=32632&portlet_id=12987

La typographie française par Debian
http://www.debian.org/intl/french/typographie

Typographie ancienne de Chine
http://www.estampes-japonaises.org/544/typographie-ancienne-de-chine/

Nouveau site sur l’actualité typographique
http://www.typeneu.com/

Commandez le film Helvetica
http://plexifilm.shop.musictoday.com/Dept.aspx?cp=377_12736

La pensée du jour

Quintidi, 5 Pluviôse, An CCXVI — Taureau

Gary Kasparov contre Poutine, n’est-ce pas une entreprise vouée aux échecs ?

Le casino, la Société Générale et moi

J’ai envie comme aujourd’hui de m’appeler Martiniquais et d’être ce joueur de loto invétéré qu’on moque si facilement au journal télévisé.
J’ai envie d’acheter pour cinq milliards d’euros d’exemplaires du “Rouge et le Noir” de Stendhal pour illustrer les déboires fiduciaires de la Générale.
Moi, j’aime la chanson de Thiéfaine “Mathématiques souterraines” (1981) qui dénonce la vacuité de la société de contrôle, ridicule dans son formalisme et dans sa bureaucratique et incommensurable par ses anomalies, quand de plus en plus, elle craque de toute part.
“Oh mais laisse allumé bébé
Y a personne au contrôle
Et les dieux du radar sont tous out
Et toussent et se touchent et se poussent
Et se foutent et se broutent
Oh mais laisse allumé bébé
Y a personne au contrôle
Et les dieux du radar sont tous out
Et toussent et se touchent et se poussent
Et se foutent et se mouchent
Dans la soute à cartouches”