De par mon éducation, je n'ai jamais ressenti un instinct foudroyant pour les masses. Les masses étant entendues dans un sens propre: j'entends par là la FOULE.
Je n'aime pas les foules. J'en ai peur dans un espace physique, je hais l'instinct grégaire où que ce soit. Je déteste les effets de mode en matière vestimentaire et intellectuelle.
Quitte à me faire accuser d'esprit de contradiction, j'ai toujours refusé de suivre quelque mouvement que ce soit. Sans indépendance de la volonté, il n'y a pas d'être humain pour moi.
A ce titre, j'ai toujours refusé et dénoncé les différentes aliénations. L'aliénation consumériste: c'est un poncif, et je ne suis pas une altermondialiste. Je suis juste idéologue et trop croyante pour accepter cela. L'aliénation d'ignorance: avec des idiots, vous ferez une société malade. L'aliénation économique: habituez des gens à un train de vie, habituez-les au superflu, vous en ferez des esclaves qui n'ont pas le droit de se plaindre.
A ce titre, j'ai parfois émis des doutes sur les fondements purement rationnels du suffrage universel. Moralement, je ne peux que le soutenir; de toute façon c'est un fait établi.
Mais j'ai toujours considéré qu'il existait de fait un suffrage censitaire. Pas seulement pour les élections sénatoriales. Seuls les gens qui ont la culture et les capacités intellectuelles et sans aucun doute aussi le fondement financier ont un réel droit d'insertion dans notre société démocratique. Le populisme actuel ne changera rien au fait que la majorité des Français ne comprennent ni le fonctionnement de leur système de santé, ni le problème de la justice, etc... Ils n'ont probablement pas le temps (on ne leur en laisse pas), ni la formation (on veut des citoyens efficaces, pas des intellectuels). On leur laisse des bribes de débat politique vicié, tronqué et mensonger. Pas qu'on n'ait pas accès factuellement à l'information. Mais qui va la lire? Qui lit le Journal Officiel, les revues spécialisées?
S'instruire restera toujours et plus encore aujourd'hui le premier geste révolutionnaire.
Pour cela, défions-nous de la foule, de l'effet de mode. L'être humain en groupe n'est qu'un public qui a par le passé applaudi à des décapitations sur scène publique.
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